Premium rush

Réalisé par David Koepp (2012)

Thriller
Premium rush
Durée 91 minutes
Sortie 05/09/2012
Note 4/10

Wilee est le plus fou des coursiers de New York. Avec son vélo dépourvu de freins et de dérailleur, il sillonne les rues de la métropole à toute vitesse, content d’avoir opté pour un travail stimulant en plein air. Un jour, sa course consiste en un pli que la co-locataire de son ex-copine lui confie à l’université pour le distribuer dans le quartier chinois. Cette livraison en apparence anodine attire l’attention de la police, en la personne du commissaire Monday. Criblé de dettes, celui-ci espère se refaire une santé financière en l’arrachant à Wilee, dont la conscience professionnelle ne permet pourtant pas de se laisser subtiliser sa cargaison précieuse.

La critique

Par Tootpadu 10/09/2012

La qualité d’un thriller dépend largement de celle de son méchant, cette force des ténèbres qui tient le héros – et par procuration le spectateur – en haleine. Par conséquent, le cinquième film de David Koepp en tant que réalisateur est assez mauvais, puisqu’il nous impose Michael Shannon dans son rôle le plus pénible et risible à ce jour. La folie que l’acteur infuse d’une façon très irrégulière au personnage d’un flic noyé sous ses dettes de jeu, ne le rend en tout cas pas menaçant, juste complètement inepte et ridicule. Il est alors normal que la tension, qui est censée faire vibrer la course poursuite à armes inégales sur laquelle se base toute l’intrigue, se vautre assez misérablement, faute d’enjeux à prendre au sérieux.
Malheureusement, ce déséquilibre des forces n’est pas la seule lacune de Premium rush, un thriller au moins aussi laborieux que Meurtre en suspens de John Badham. A force de remonter dans le temps afin de présenter toutes les facettes de l’histoire, la narration frôle l’incohérence par rapport à la prémisse principale du scénario. Et la topographie virtuelle de Manhattan, ainsi que les différentes esquives possibles qui éviteraient au protagoniste de se faire écraser, sont les seuls dispositifs formels en mesure de conférer un semblant de dynamisme à un récit qui en manque sinon cruellement. Enfin, le sursaut altruiste qui pousse Wilee à s’intéresser soudainement, à mi-chemin de son périple, au sort de sa commanditaire sonne affreusement faux, dans le contexte d’un film entièrement exempt de considérations sociales ou humaines.

Vu le 10 septembre 2012, au MK2 Bibliothèque, Salle 4, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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