Imposter (The)
Réalisé par Bart Layton (2013)
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 02/10/2013 |
| Note | 6/10 |
Le 13 juin 1994, Nicholas Barclay, un adolescent de treize ans, disparaît sans laisser de trace à San Antonio, dans l’état du Texas. Morte d’inquiétude, sa famille espère le retrouver un jour, alors que la police classe rapidement l’affaire comme un énième cas de disparition jamais élucidée. Trois ans et quatre mois plus tard, Nicholas donne un signe de vie depuis un centre de jeunes en Espagne, où il se serait réfugié après avoir été enlevé et torturé. Sa famille l’accueille les bras ouverts, alors que les autorités commencent à s’interroger sur la véritable identité de cet homme qui prétend être le fils prodigue.
La critique
Par Tootpadu 06/09/2012
Au début de The Imposter, tout est mis en œuvre pour nous donner l’impression trompeuse que nous voyons déjà la troisième affaire d’un jeune tué bestialement au cours de ce festival de Deauville, dont la sélection de documentaires affectionne particulièrement cette année les sujets intimistes. Le soulagement des retrouvailles miraculeuses ne dure cependant qu’un bref instant, puisque la narration ne tarde pas à nous présenter un point de vue de cette supercherie totalement différent : celui de l’imposteur en personne. En intégrant très tôt le récit de ce drôle d’oiseau dans le fil narratif, la mise en scène de Bart Layton relativise subtilement le préjudice de son crime. Puisque nous connaissons presque d’entrée de jeu ses motivations, ses doutes, voire ses peurs, notre élan d’identification avec cette pauvre famille traumatisée par la disparition de Nicholas est stoppé net. Les retournements rocambolesques de ce fait divers fascinant nous incitent même à douter de la sincérité des proches, qui avaient pourtant su évoquer d’une manière si touchante les étapes successives du deuil impossible d’un enfant disparu dans la nature.
A la fin de cette intrigue romanesque, quand les tenants et aboutissants devraient être clairs pour tout le monde, il demeure ainsi un doute des plus subtils. La famille se serait-elle prêtée au jeu pour mieux cacher un sombre secret ? L’imposteur n’est-il pas plus la victime d’une enfance malheureuse qu’un manipulateur sans scrupules et égoïste ? La réalisation est assez maligne pour laisser ces questions en suspension, afin que nous puissions mieux compatir avec le détective qui creuse un trou toujours plus profond dans le jardin de l’ancienne maison de Nicholas, sans y trouver quelque indice compromettant que ce soit.
Vu le 6 septembre 2012, au Casino, Deauville, en VO