Booster
Réalisé par Matt Ruskin (2011)
| Durée | 73 minutes |
| Sortie | 30/11/2011 |
| Note | 6/10 |
Simon est un petit voleur à l’étalage, qui vit de la revente de son butin. Il est le seul à rendre visite à sa grand-mère, puisque son frère aîné est trop occupé avec ses affaires de drogues. Lorsque Simon apprend que son frère a été arrêté pour avoir braqué une laverie et qu’il risque de partir pour longtemps en prison si Simon ne répète pas le crime une ou deux fois afin de l’innocenter, le jeune homme se trouve face à un dilemme insurmontable.
Les critiques
Par Mulder 11/09/2012
L’intrigue assez simpliste nous conte la décision importante d’un « booster » (un voleur) concernant son frère. Ainsi lorsque son frère est arrêté pour vol à main armée dans une blanchisserie, Simon se voit dans l’obligation de commettre des délits identiques dans des blanchisseries s’il veut que ce dernier ait une chance de voir sa peine réduite. Pris entre sa loyauté envers son frère et son indépendance, Simon doit décider du devenir de son frère ou du sien.
La sélection officielle de Deauville cette année est pratiquement constituée de premiers films de réalisateurs inconnus du grand public (hormis Bobcat Goldthwait et Lynn Shelton). Matt Ruskin non seulement signe la réalisation mais également occupe les postes de scénariste, chef monteur et producteur. Il maîtrise ainsi totalement son premier film. Pour faire face à un budget étriqué, il s’appuie sur un casting d’acteurs inexpérimentés dont c’est pour la plupart leur premier film (hormis l’acteur Seymour Cassel). Booster dresse ainsi le portrait d’un voleur professionnel pris entre l’affection qu’il a pour une vendeuse qui ne l’a pas dénoncé, sa grand-mère en maison de retraite, un vieillard dans la même maison de retraite et un ami, ancien truand et bien entendu son grand frère (un drogué).
Ce film nous montre sans fioriture le milieu de la mafia bostonienne, loin de la représentation hollywoodienne vue auparavant. Mi drame intimiste, mi film de mafia classique, Booster se regarde et s’oublie aussitôt vu. Reste que les films du cinéma américain se regardent avec un regard différent que le cinéma traditionnel popcorn. L’influence du cinéma européen reste importante dans ce premier film et nous attendons de découvrir dans une prochaine session du festival de Deauville le prochain film de ce réalisateur inspiré.
Tous le étudiants qui se sentent l’âme d’un réalisateur en herbe devraient découvrir ce film et y puiser certains idées de montage intéressantes.
Vu le 4 septembre 2012, au C.I.D., Deauville, en VO
Par Tootpadu 04/09/2012
Car Simon est tout sauf une crapule. Son « métier » n’a rien d’honorable, soit, mais il fait preuve d’un sens de responsabilité envers ses proches qui le met à part dans un environnement social en pleine dégringolade. Les tourments qui l’agitent de l’intérieur – dont on ne sait d’ailleurs jamais si c’est de la lâcheté ou un sentiment plus noble – ne se frayent que rarement un chemin jusqu’à la surface, comme pour mieux suggérer que le style de vie minable du protagoniste n’est que le pis-aller d’une vie qui aurait facilement pu tourner encore plus mal.
La mise en scène de Matt Ruskin est tout à fait à la hauteur de ce conte moral bref, mais poignant. Elle réussit, séquence après séquence, à trouver un trait d’humanité dans un milieu défavorisé, qui est tellement morcelé qu’il ne trouve même plus l’énergie de crier sa colère. C’est cette humanité même qui garde ce premier film prometteur à l’écart des cliches sur les malfrats sans avenir et le cercle vicieux dans lequel ils risquent de sombrer à chaque instant.
Vu le 4 septembre 2012, au C.I.D., Deauville, en VO