Voisins du troisième type

Réalisé par Akiva Schaffer (2012)

Science-fiction
Voisins du troisième type
Durée 102 minutes
Sortie 12/09/2012
Note 5/10

Evan Trautwig adore Glenview, une petite ville tranquille dans l’Ohio, où il a élu domicile avec sa femme pour échapper au stress de la métropole. Il s’engage complètement dans la vie associative de son quartier et remplit consciencieusement son poste de directeur de l’hypermarché local. Evan tombe des nues quand le gardien de nuit de son enseigne est sauvagement assassiné. Il ne compte pas se laisser faire et crée avec trois autres habitants un comité de surveillance de quartier. Mais au lieu d’attraper le tueur, les quatre pantouflards font une découverte incroyable : des extra-terrestres ont envahi la ville.

La critique

Par Tootpadu 23/08/2012

Dans l’immense majorité des cas, Hollywood est une usine d’assemblage de clichés et autres recettes éprouvées, qui produit un nombre élevé de films dont la qualité dépend exclusivement de l’ingéniosité avec laquelle ces poncifs sont agencés. Il nous semble utile de commencer notre critique de Voisins du troisième type avec une telle généralité, puisque nous tenons là le genre de film qui fait volontairement l’impasse sur l’originalité pour mieux puiser paresseusement dans le patrimoine du cinéma de genre, de la science-fiction à la comédie de potes, en passant par des histoires conjugales tortueuses. L’invasion des extra-terrestres n’y est qu’un prétexte mou pour réunir une troupe improvisée de justiciers, tout comme elle l’a été dans les années 1980 dans Cocoon de Ron Howard et Miracle sur la 8ème rue de Matthew Robbins pour faire tourner la vieille garde, délaissée par le cinéma contemporain.
On retrouve par conséquent ici des acteurs aussi prévisibles que Ben Stiller, Vince Vaughn et Jonah Hill dans leurs emplois habituels, à savoir respectivement celui du redresseur des torts naïf et maladroit, de la grande gueule plus ou moins fiable et du mec paumé, mais attachant. Même le pauvre R. Lee Ermey doit rouspéter comme à l’accoutumé, tandis que seul Billy Crudup a eu la chance de décrocher un rôle vaguement intéressant. Aux interprétations caricaturales correspond une intrigue qui tire à peine profit de l’environnement abusivement préservé d’une ville-dortoir. Sans ligne directive claire, à cause de la mise en scène frileuse de Akiva Schaffer, elle a tendance à passer du coq à l’âne, des frustrations d’une bande de banlieusards aux craintes diffuses d’une invasion que l’on perçoit à peine.
Le principal frein à l’enthousiasme par rapport à ce divertissement inoffensif est cependant un ton qui se veut cool et décomplexé, mais qui nous agace à la longue par son arrogance et sa fausse vulgarité. Le fait de tout ramener au sexe ou à l’intimité, qui ne l’est bien sûr plus par les temps hyper-connectés qui courent, peut éventuellement faire sourire dans le cadre d’une comédie pubère. Espérons qu’ici, cette camaraderie enfantine est davantage le dernier vestige de cette génération des anciens trentenaires immatures et vantards, qui va passer tôt ou tard de mode.

Vu le 23 août 2012, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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