Starbuck
Réalisé par Ken Scott (2012)
| Durée | 109 minutes |
| Sortie | 27/06/2012 |
| Note | 6/10 |
Dans sa jeunesse, David Wozniak avait donné à maintes reprises du sperme à une clinique de fertilité. Vingt ans plus tard, alors que sa copine Valérie lui annonce qu’elle attend un enfant, mais qu’elle ne veut pas de lui comme père puisqu’il mène une existence minable, David apprend que, grâce à son don répété, plus de cinq-cents enfants sont nés et qu’une centaine d’entre eux se sont regroupés afin de connaître l’identité de leur père biologique. David compte bien faire obstacle à la procédure juridique qu’ils ont engagée. En même temps, il est curieux de connaître sa progéniture nombreuse. Il s’introduit alors incognito dans la vie de certains d’entre eux, afin d’y remplir le rôle vaguement paternel d’ange gardien.
La critique
Par Tootpadu 09/08/2012
Au lieu de n’être qu’une énième farce sur des perdants éternels qui retrouvent miraculeusement un peu de dignité, le deuxième film du réalisateur Ken Scott nous accompagne avec une nonchalance rafraîchissante à travers les hauts et les bas du parcours rocambolesque de son héros atypique. Le récit ne manque pas de révélations et de revirements, mais ce qui le distingue surtout, c’est sa bonne humeur lucide quant au caractère presque féerique de son intrigue. Simultanément dans l’air du temps avec son modèle familial assez abstrait, voire ouvert, et consciente de valeurs plus intemporelles comme la fierté des parents et la volonté de faire du bien ne serait-ce qu’à travers un geste anodin d’entraide, l’histoire brasse large, sans jamais se fourvoyer dans des généralités dont le seul intérêt serait de rire des personnages et non pas avec eux.
Car c’est avant tout son imperfection incorrigible qui nous émeut chez le protagoniste. David n’est ni un saint, ni un opportuniste, et encore moins une victime qui subirait malgré elle les foudres d’une célébrité nullement recherchée. Il s’agit juste d’un homme, encore totalement irresponsable il y a pas si longtemps, qui apprend petit à petit à agir comme un adulte, c’est-à-dire à prendre des décisions difficiles et à les assumer sans se dérober au dernier moment. A la fin du film, il est loin d’être un père parfait, mais son périple hautement divertissant nous aura permis à entrevoir pendant deux heures le côté positif de cette même humanité, que le discours dominant de notre époque pessimiste a la fâcheuse habitude de nous présenter sans relâche comme une cause désespérée.
Vu le 9 août 2012, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 14, en VQ