Saphirs (Les)

Réalisé par Wayne Blair (2012)

Comédie Dramatique
Saphirs (Les)
Durée 101 minutes
Sortie 08/08/2012
Note 5/10

En 1968, les trois sœurs aborigènes Gail, Cynthia et Julie participent à un concours de chant, organisé dans la petite ville près de leur réserve. Elles ne se font pas trop d’illusions de gagner et comme prévu, le jury blanc les snobe. L’animateur de l’événement, le rarement sobre Dave Lovelace, est néanmoins interpellé par leur talent et leur conseille de changer de registre, de la musique country à la soul, si jamais elles veulent percer dans le métier. Cynthia poursuit cependant un tout autre plan : elle rêve de se produire devant les soldats américains, en guerre au Vietnam.

La critique

Par Tootpadu 08/08/2012

Ces dernières années, le cinéma australien a perdu beaucoup de sa superbe. Il y avait un temps – au début des années 1990 pour être précis – où le renouveau du cinéma national grâce à des noms comme Baz Luhrmann et Jane Campion annonçait des choses formidables. Hélas, à l’heure actuelle il n’en reste qu’une peau de chagrin assez misérable. Ce premier film, un drôle de mélange entre Dreamgirls de Bill Condon et Le Chemin de la liberté de Phillip Noyce, perpétue ainsi le ton gentiment superficiel qui caractérise la plupart des comédies australiennes, sans jamais soulever de l’émotion authentique face à l’histoire hors du commun de ces quatre jeunes femmes aborigènes. Le fond empreint d’un volontarisme primaire ne s’y accorde jamais tout à fait avec la dimension humaine des personnages. Celle-ci se base plus sur des stéréotypes brossés hâtivement, comme l’ivrogne et la grande gueule au cœur en or, que sur leur description approfondie et nuancée.
Les enjeux sont minimes dans Les Saphirs, en raison de la réalisation de Wayne Blair, qui ne fait aucun effort notable pour compenser la banalité du scénario par une quelconque recherche formelle. L’inclusion plutôt adroite d’événements historiques de cette époque mouvementée, d’un point de vue à la fois social et racial, dans le flux narratif ne produit guère d’effet sur la facture globale du récit, constamment à deux doigts d’un ennui sympathique mais fade. Avec un pied pris dans le constat engagé qui ne veut faire aucune concession à la complaisance envers les préjugés, et l’autre dans un conte à peu près enjoué sur la célébrité et ses dérives, la narration éprouve visiblement du mal à joindre les deux bouts, c’est-à-dire à faire coexister deux tonalités qui n’ont pas grand-chose en commun.
En dépit d’un manque d’originalité flagrant et d’une facture qui est le signe indubitable d’une cinématographie en voie d’asphyxie formelle, cette comédie douce-amère est loin d’être un échec total. Elle réussit malgré tout à dégager un certain optimisme, quitte à recourir à de grosses ficelles de la partition larmoyante qui sont employées sans finesse, mais avec une efficacité toute relative.

Vu le 8 août 2012, au MK2 Quai de Seine, Salle 1, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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