Lady Vegas

Réalisé par Stephen Frears (2012)

Comédie Dramatique
Lady Vegas
Durée 94 minutes
Sortie 08/08/2012
Note 5/10

La jeune Beth Raymer gagne tant bien que mal sa vie en tant que strip-teaseuse en Floride. Elle rêve pourtant de devenir serveuse dans les casinos de Las Vegas, un projet qu’elle ne tarde pas à mettre en pratique avec la bénédiction de son papa chéri. Or, une fois sur place, elle doit se rendre compte que la profession est verrouillée par les syndicats et que son seul débouché possible risque d’être un retour à la case départ. C’est alors qu’une voisine la recommande auprès de Dink, un parieur professionnel qui pourrait avoir besoin de ses services pour déposer l’argent et répondre au téléphone. Contre toute attente, Beth excelle dans son nouveau travail et sait vite se rendre indispensable, au grand dam de Tulip, la femme de Dink.

Les critiques

Par Mulder 09/08/2012

Stephen Frears, brillant réalisateur britannique qui avait réussi dans les années 1980 et '90 à se faire apprécier par des films très réussis (Les Liaisons dangereuses, Héros malgré lui et High fidelity) semble peiner à traverser les années 2000. Aucun de ses films récents, hormis The Queen ne restera dans nos mémoires de cinéphiles avertis comme des classiques du genre. Ce n'est pas ce film, Lady Vegas, qui changera la donne. Le cadre du monde des paris, la ville très cinématographique de Las Vegas et un casting prometteur (Rebecca Hall, Bruce Willis, Vince Vaughn et Catherine Zeta Jones) ne suffiront pas à faire de ce film une comédie enjouée.

Cette comédie de mœurs manque cruellement d'audace et malgré Bruce Willis (mentor caractériel) et Vince Vaughn (éternel jeu borderline) très convaincant, le film devient vite irritant par la faute de Rebecca Hall, qui semble surjouer en permanence. Autant elle fut très convaincante dans les films Le Prestige et Vicky Cristina Barcelona, autant ici en fille aussi belle que cruche son cabotinage devient vite lassant.

Certes, ce film est inspiré d'une histoire vraie, mais cela ne suffit pas à en faire un film convaincant. Stephen Frears semble avoir répondu ici à une commande d'un grand studio américain et avoir laissé son inspiration de côté. Plus à l'aise dans l'étude de la société britannique, il semble ainsi avoir du mal à s'adapter à la peinture moderne d'une société américaine gangrenée par la réussite à tout prix.

Vu le 26 juillet 2012, à la Salle Pathé François 1er, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

Par Tootpadu 01/08/2012

Las Vegas, ce paradis d’un certain rêve américain, peine toujours à être correctement représenté au cinéma, c’est-à-dire d’une façon qui reflète simultanément son côté luxueux et sa grande vacuité morale. Seul Paul Verhoeven a brillamment réussi à faire co-exister les deux faces d’une même médaille dans Showgirls, là où Steven Soderbergh et Barry Levinson, dans Ocean’s Eleven et Bugsy respectivement, se sont trop laissés obnubiler par la poudre aux yeux que cette ville artificielle sait dispenser sans compter. Hélas, ce n’est pas un Stephen Frears en petite forme, après le pas moins dispensable Tamara Drewe, qui va nous apprendre quoique ce soit d’essentiel sur cette métropole en plein désert, où ceux qui ont cru en vain en la promesse d’une vie faite de gains faramineux et de paillettes du matin jusqu’au soir sont officieusement condamnés à une existence dans les égouts, pour ne pas perturber l’apparence de la capitale du bling-bling.
A vrai dire, le décor de cette ville qui dort encore moins que New York constitue au mieux un aspect secondaire de Lady Vegas, dont l’action se déroule en fait aux quatre coins du pays. Le ton très léger du film ne permet jamais vraiment au spectateur de se sentir happé par le chant des sirènes de cette chimère qui ne tient que rarement ses promesses. Pas plus d’ailleurs que de s’intéresser sérieusement au sort des personnages, dont le manque d’envergure tend plus vers la fadeur que vers une critique acerbe des laissés-pour-compte d’une mythologie du succès typiquement américaine. En tant que réalisateur étranger, Stephen Frears pose un regard peu lucide sur les travers d’une société, dont toutes les obsessions se focalisent pourtant à Las Vegas.
Sans être une déception majeure, cette comédie plaisante a néanmoins tout d’une occasion ratée pour tendre un miroir à l’idéologie américaine. Alors que le réalisateur savait adopter un point de vue passionnant à l’égard des Etats-Unis dans The Hi-Lo Country, voire dans Héros malgré lui, il se contente ici de suivre sans états d’âme une histoire tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Que l’humour y lorgne parfois vers le cabotinage du Rat Pack, dans le temps un des piliers de la ville autour de Frank Sinatra et co., notamment à travers le personnage de Vince Vaughn, apporte certes du charme un brin désuet, mais cela ne suffit pas pour rendre entièrement vivant un film dépourvu de personnalité.

Vu le 26 juillet 2012, à la Salle Pathé François 1er, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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