Trois soeurs
Réalisé par Milagros Mumenthaler (2012)
Drame
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 18/07/2012 |
| Note | 5/10 |
Après la mort de leur grand-mère, qui les a élevées, trois sœurs vivent seules dans la maison familiale à Buenos Aires. Tandis que Marina, la plus sérieuse d’entre elles, gère en même temps les moyens financiers modestes à leur disposition et ses études, Violeta traîne toute la journée dans les différentes pièces de la vaste demeure. Quant à Sofia, la plus belle, elle passe son temps à faire la fête à l’extérieur et à soupçonner Marina d’avoir été adoptée.
La critique
Par Tootpadu 19/06/2012
Dans ce premier film argentin, seule la dynamique de groupe entre les trois personnages principaux permet à la fois de susciter tant soit peu notre intérêt et de conférer un semblant d’unité et de rigueur narratives au récit. Pendant un temps considérable, il ne se passe en effet pas grand-chose dans Trois sœurs, à l’exception du va-et-vient quotidien et des petites chamailleries entre filles, qui ont tendance à devenir agaçantes à la longue. La réalisatrice Milagros Mumenthaler adopte un point de vue plutôt détaché, qui ne rend ni l’identification avec ces orphelines adultes, ni notre investissement émotionnel en leur avenir collectif particulièrement aisé.
Ce n’est qu’au moment du départ inopiné d’une des filles que le dessein global du film devient à peu près perceptible. Tout à coup, la mécanique huilée des petites mesquineries et du triangle des alliances, qui se font et se défont continuellement, se détraque irrémédiablement. Ce que la disparition de la figure maternelle n’a pas pu détruire, la décision de quitter le nid familial – cette grande maison qui dégage néanmoins un sentiment d’enfermement – l’accomplit d’autant plus irrévocablement. Dès lors, il faudra reconfigurer les rapports de force, puisque l’élément modérateur a quitté les lieux pour laisser les deux femmes aux caractères antagonistes face à elles-mêmes.
Grâce à ce seul revirement notable de l’intrigue minimaliste, le rythme narratif du film subit un coup de fouet pas entièrement salutaire. Cette redistribution des cartes permet néanmoins un retour à la normalité, c’est-à-dire à une existence envisageable en dehors des murs suffocants de la maison familiale, peu importe que ce soit dans les bras du voisin mignon ou ailleurs. Une fois que les vestiges du passé ont été mis au rebut et que la décoration a été refaite, une nouvelle forme d’unité entre les trois sœurs peut se créer, même si l’une d’entre elles n’est présente que par le truchement de l’enregistrement d’une chanson.
Tout cela ne suffit pas pour restaurer notre foi en le cinéma latino-américain. Pourtant, la douceur de la mise en scène n’invite pas à un rejet virulent, mais plutôt à une indifférence blasée face aux déboires banals de ces sœurs assez quelconques.
Ce n’est qu’au moment du départ inopiné d’une des filles que le dessein global du film devient à peu près perceptible. Tout à coup, la mécanique huilée des petites mesquineries et du triangle des alliances, qui se font et se défont continuellement, se détraque irrémédiablement. Ce que la disparition de la figure maternelle n’a pas pu détruire, la décision de quitter le nid familial – cette grande maison qui dégage néanmoins un sentiment d’enfermement – l’accomplit d’autant plus irrévocablement. Dès lors, il faudra reconfigurer les rapports de force, puisque l’élément modérateur a quitté les lieux pour laisser les deux femmes aux caractères antagonistes face à elles-mêmes.
Grâce à ce seul revirement notable de l’intrigue minimaliste, le rythme narratif du film subit un coup de fouet pas entièrement salutaire. Cette redistribution des cartes permet néanmoins un retour à la normalité, c’est-à-dire à une existence envisageable en dehors des murs suffocants de la maison familiale, peu importe que ce soit dans les bras du voisin mignon ou ailleurs. Une fois que les vestiges du passé ont été mis au rebut et que la décoration a été refaite, une nouvelle forme d’unité entre les trois sœurs peut se créer, même si l’une d’entre elles n’est présente que par le truchement de l’enregistrement d’une chanson.
Tout cela ne suffit pas pour restaurer notre foi en le cinéma latino-américain. Pourtant, la douceur de la mise en scène n’invite pas à un rejet virulent, mais plutôt à une indifférence blasée face aux déboires banals de ces sœurs assez quelconques.
Vu le 11 juin 2012, à la Salle Pathé Lincoln, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10