Faust
Réalisé par Aleksandr Sokurov (2012)
| Durée | 140 minutes |
| Sortie | 20/06/2012 |
| Note | 4/10 |
Le docteur Faust dissèque avec son fidèle assistant Wagner des cadavres, pour le bien de la science et surtout pour prouver qu’on ne peut pas y trouver l’âme humaine. Faute d’argent, il quémande sans succès auprès de son père, qui pratique des méthodes de guérison archaïques. Il ne reste donc plus à Faust qu’à faire appel à l’étrange usurier, qui lui fait découvrir les plaisirs voluptueux de la ville. Au cours d’une bagarre dans une taverne, Faust tue par accident un soldat, dont la sœur est Margarete, la femme qu’il souhaite séduire avec l’aide de son nouveau compagnon mystérieux.
La critique
Par Tootpadu 09/06/2012
Ainsi, le personnage de Faust tel qu’il est représenté ici ne sait ni où il va, ni ce qu’il doit faire face aux tentations diaboliques que l’usurier lui soumet. Hélas, le mode opératoire du film se distingue par exactement la même perte de repères et de rigueur, qui mènera à la déchéance de l’homme et de son support cinématographique. Le montage, que l’on peut qualifier avec beaucoup de bonne volonté comme onirique, tellement les transitions ne respectent aucune règle du temps et de l’espace, a son pendant tout aussi exaspérant du côté de la photo de Bruno Delbonnel, qui subit une rechute fracassante dans sa période pénible de jaunisse visuelle, après une lueur d’espoir manifestement de courte durée dans le dernier Tim Burton. Le choix du format carré de l’image ne conduit pas à une sorte d’hommage au Faust de Friedrich Wilhelm Murnau, mais à un cadrage dépourvu de la moindre beauté plastique, voire carrément exécrable quand les perspectives tordues sont sans doute censées évoquer la perte de contrôle existentiel du protagoniste.
L’histoire de Faust n’a jamais compté parmi les mythes qui nous passionnent le plus. Et ce n’est certainement pas ce lauréat d’un Lion d’Or hautement discutable au dernier festival de Venise qui nous fera changer d’avis ! Car pour la première fois, le style alambiqué et opaque d’Aleksandr Sokurov y tourne en roue libre, sans tête, ni queue, et surtout sans ajouter une clef de lecture plus éthérée à cette tragédie de la perte de l’âme en échange de la connaissance intime des plaisirs charnels.
Vu le 7 juin 2012, au Club de l'Etoile, en VO