Eté de Giacomo (L')

Réalisé par Alessandro Comodin (2012)

Documentaire
Eté de Giacomo (L')
Durée 78 minutes
Sortie 04/07/2012
Note 5/10

L’été, les adolescents Giacomo et Stefania partent sur des chemins tortueux à travers la forêt pour rejoindre un endroit paradisiaque. Ils s’y prélassent près de l’eau, se baignent et se livrent des batailles de boue. Leur relation d’enfance aurait pu évoluer pendant la saison, si Giacomo n’avait pas fait la connaissance de Barbara, qui est sourde comme lui.

La critique

Par Tootpadu 09/06/2012

Le handicap est plus que prévu au centre de ce premier film italien. Au tout début de L’Eté de Giacomo, le réalisateur a en effet trouvé un plan saisissant pour mettre en images la surdité de son personnage principal, simplement filmé de dos avec son appareil auditif bien visible et en train de se défouler sur une batterie. La surcharge sonore qui se dégage de cette action en apparence anodine permet adroitement de faire entrer le spectateur dans le monde de ce jeune homme pas comme les autres. Sauf qu’il devient vite évident que Giacomo peut en effet entendre assez pour communiquer oralement, sans avoir recours à la langue des signes. Puisque nous nous trouvons, par pure coïncidence, au premier stade de l’apprentissage de cette dernière, nous y voyons une manière comme une autre de s’accommoder de la gêne auditive, même si une revendication plus ferme de la surdité passe davantage par l’expression visuelle et gestuelle.
Cependant, ce n’est pas de ce côté-là que le drôle de documentaire – à moins que ce soit un drôle de film – de Alessandro Comodin nous a particulièrement déroutés. Car son aspect le plus discutable est la représentation du comportement de l’adolescent, tellement surexcité, agressif et râleur dans un vocabulaire très familier, que ce qui n’est en fait qu’une immense immaturité due à sa biographie pourrait facilement passer pour un handicap mental, tel l’autisme ou un retard dans le développement des capacités d’intégration sociale. Hélas, nous n’avons acquis la certitude quant à la condition mentale de Giacomo que grâce aux informations contenues dans le dossier de presse, alors que la narration reste complètement dans le vague à ce sujet, pourtant crucial pour une meilleure compréhension de cet objet filmique difficilement classable.
Le jeune réalisateur d’à peine trente ans a en effet opté pour un ton pas très loin de l’observation oisive propre au cinéma de Miguel Gomes. Comme dans Ce cher mois d’août, nous suivons des personnages au fil de leurs activités estivales, sans qu’en découle une quelconque dynamique dramatique passionnante. Esthétiquement, la démarche formelle ne se situe pas du côté de la contemplation poétique, mais de celui de l’enregistrement assez plat d’une action anodine, comme ici les baignades répétées dans le lac isolé. Et comme pour le peu que nous connaissons de l’œuvre du réalisateur portugais, nous éprouvons une difficulté certaine d’adhérer à ce genre de récit, qui reste volontairement dans le flou.

Vu le 5 juin 2012, à la Salle Pathé Lincoln, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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