Young Yakuza
Réalisé par Jean-Pierre Limosin (2008)
Documentaire
| Durée | 100 minutes |
| Sortie | 09/04/2008 |
| Note | 6/10 |
La mère de Naoki ne sait plus quoi faire. Son fils, âgé de vingt ans, ne fait rien de ses journées, quelques délits mis à part, qui le mettent en conflit avec la police. Pour lui fournir une sorte d'éducation et d'avenir professionnel, elle fait appel à un ami de la famille, un yakuza. Pendant un an, Naoki intègre alors le clan du chef de la mafia Kumagai, en tant que stagiaire.
La critique
Par Tootpadu 18/03/2008
Tout est question de mise en scène dans ce film, qui ne relève complètement ni du documentaire, ni de la fiction. Dépourvu d'une intrigue au sens classique, avec une progression et une finalité narratives, il ne répond pas non plus à l'impartialité de l'observation, généralement associée au documentaire. Cette ambivalence de l'approche constitue cependant la qualité principale de Young Yakuza, qui permet une plongée subtilement vertigineuse dans la vie quotidienne de la mafia japonaise.
L'aspect criminel de l'activité des yakuzas est soigneusement occulté dans l'évocation des tâches que la jeune recrue doit effectuer. Mais en restant invisible, sauf pour ses conséquences, c'est-à-dire les membres du clan qui se retrouvent derrière les barreaux pour des délits mineurs, ce quotidien, fait de raquettes, de trafics et de violences plus ou moins sanglantes, pèse comme une chape de plomb sur la banalité des rituels présents à l'écran. Une relation tendue s'établit alors entre ce que Jean-Pierre Limosin a le droit de montrer et ce qu'il ignore volontairement, afin de gagner un accès privilégié au monde du crime.
Toutefois, dans ce marché conclu avec le diable réside le dilemme plutôt fascinant du film. En décrivant l'univers des yakuzas comme un microcosme qui répond à des règles internes communes à toute profession, le propos du film se fait sournoisement l'agent d'une légitimation relative du crime. A aucun moment, cet acte d'acrobatie morale n'est plus précaire, que lorsque le chef du clan peut librement parler de la vision qu'il a de son rôle et du travail de chef d'entreprise dans le commerce criminel. Son désarroi face à la réticence des jeunes de s'engager dans cette filière archaïque fait alors autant froid dans le dos, que le naturel avec lequel ces mêmes apprentis se conforment à un code d'honneur au service d'une activité criminelle méprisable.
Enfin, le réalisateur indique également que l'existence hors du crime organisé est possible. Sans moraliser outre mesure, il montre simplement que cette famille réunie par la quête de l'argent à travers des voies illicites sait s'occuper des siens et que, au moins dans le clan Kumagai, dont le chef comprend ce film peut-être un peu trop comme un moyen d'auto-promotion, il est possible de retourner à un style de vie plus civil après.
L'aspect criminel de l'activité des yakuzas est soigneusement occulté dans l'évocation des tâches que la jeune recrue doit effectuer. Mais en restant invisible, sauf pour ses conséquences, c'est-à-dire les membres du clan qui se retrouvent derrière les barreaux pour des délits mineurs, ce quotidien, fait de raquettes, de trafics et de violences plus ou moins sanglantes, pèse comme une chape de plomb sur la banalité des rituels présents à l'écran. Une relation tendue s'établit alors entre ce que Jean-Pierre Limosin a le droit de montrer et ce qu'il ignore volontairement, afin de gagner un accès privilégié au monde du crime.
Toutefois, dans ce marché conclu avec le diable réside le dilemme plutôt fascinant du film. En décrivant l'univers des yakuzas comme un microcosme qui répond à des règles internes communes à toute profession, le propos du film se fait sournoisement l'agent d'une légitimation relative du crime. A aucun moment, cet acte d'acrobatie morale n'est plus précaire, que lorsque le chef du clan peut librement parler de la vision qu'il a de son rôle et du travail de chef d'entreprise dans le commerce criminel. Son désarroi face à la réticence des jeunes de s'engager dans cette filière archaïque fait alors autant froid dans le dos, que le naturel avec lequel ces mêmes apprentis se conforment à un code d'honneur au service d'une activité criminelle méprisable.
Enfin, le réalisateur indique également que l'existence hors du crime organisé est possible. Sans moraliser outre mesure, il montre simplement que cette famille réunie par la quête de l'argent à travers des voies illicites sait s'occuper des siens et que, au moins dans le clan Kumagai, dont le chef comprend ce film peut-être un peu trop comme un moyen d'auto-promotion, il est possible de retourner à un style de vie plus civil après.
Vu le 18 mars 2008, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10