Noces (Les)
Réalisé par Andrzej Wajda (1974)
| Durée | 106 minutes |
| Sortie | 09/01/1974 |
| Note | 6/10 |
En 1900 à Cracovie, un poète a épousé une paysanne. Après la cérémonie en ville, les mariés et leurs invités se rendent à la campagne, afin d’y festoyer gaiement. Alors que la vodka coule à flots et que les différentes souches sociales ne se mélangent pas sans difficulté, l’époux instruit et d’autres convives voient des fantômes surgis de l’Histoire polonaise. Ils appellent les plus fervents nationalistes d’entre eux à se soulever contre la triple occupation des Autrichiens, des Prussiens, et des Russes.
La critique
Par Tootpadu 01/03/2012
Même si nous passons forcément à côté des finesses de la langue polonaise et des particularités culturelles d’une telle fête où les paysans et l’intelligentsia du pays se tournent autour sans jamais se faire entièrement confiance, l’énergie déployée par la narration pour orchestrer cet ensemble volontairement démesuré est simplement impressionnante. Rien que l’équilibre délicat entre l’exubérance folle à l’intérieur et l’obscurité menaçante, qui tient comme dans un étau vaporeux ce microcosme tourbillonnant, ne peut être atteint que par un metteur en scène suffisamment sûr de ses objectifs narratifs pour oser lâcher prise. La mélancolie slave sert de surcroît comme un formidable fil rouge à travers cette histoire énigmatique.
L’opacité de l’intrigue constitue en effet le seul bémol d’un film qui tourne joyeusement en rond, sans se préoccuper outre mesure d’une progression dramatique quelconque. Quand le brouillard s’épaissit au petit matin, comme pour donner une occasion supplémentaire de briller à la photographie magnifique de Witold Sobocinski, assisté par un jeune Slawomir Idziak, nous ne savons déjà plus exactement de quoi cette histoire retourne. Cette perte des repères participe toutefois à l’enchantement merveilleux – parce qu’il se nourrit à la fois de l’absurde et d’une force poisseuse – provoqué par un film à l’allure étonnamment moderne.
Vu le 29 février 2012, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO