My week with Marilyn
Réalisé par Simon Curtis (2012)
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 04/04/2012 |
| Note | 5/10 |
Le fils cadet d’une famille d’académiciens, Colin Clark a toujours rêvé de faire du cinéma. Il saisit la première occasion qui se présente à lui, à savoir le poste de 3ème assistant réalisateur sur le film Le Prince et la danseuse que Laurence Olivier tourne pendant l’été 1956 aux studios Pinewood en Angleterre. Son premier tournage permet d’emblée à ce jeune homme passionné de rencontrer la plus grande vedette de l’époque, Marilyn Monroe qui débarque avec son nouveau mari, l’auteur Arthur Miller, et sa professeur dramatique Paula Strasberg. Alors que l’actrice légendaire se met progressivement toute l’équipe à dos, à force d’être en retard et de chercher frénétiquement un sens profond à son personnage léger, Colin tombe sous le charme de cette femme fragile, condamnée à une célébrité écrasante.
La critique
Par Tootpadu 21/02/2012
En dehors de cette difficulté manifeste de nous faire vivre par procuration la magie de la fabrication du cinéma, le film se borne à quelques observations sans doute vraies, mais pas réellement originales sur le style de vie sournoisement suicidaires des vedettes. La dépendance de Marilyn envers son entourage et une quantité considérable de médicaments pour canaliser une personnalité à fleur de peau, nullement préparée à supporter le quotidien exténuant d’une star mondiale, peut facilement être comprise en tant que modèle pour autant de destins d’artistes à la fin précoce, comme encore récemment Michael Jackson, Whitney Houston et, intimement lié à la vie privée de Michelle Williams, Heath Ledger. Peu importe le dispositif éculé qui nous impose obstinément une porte d’accès artificielle en guise de point de vue sur le désarroi des grands de ce monde, en l’occurrence le jeune assistant réalisateur naïf et assez fade, il persiste un air de tragédie prémonitoire dans cet épisode secondaire de la vie de Marilyn Monroe.
Il ne fallait pas s’attendre de la part d’un film aussi moyen, formellement parlant, à une représentation transcendante du sex symbole suprême du cinéma. Pourtant, Michelle Williams fait de son mieux pour alterner presque imperceptiblement entre les deux facettes contradictoires de Marilyn, la blondasse écervelée, et Marilyn, la femme-enfant au profil psychologique aussi attachant que préoccupant dans son inclinaison à se rabaisser sans raison. Son interprétation n’est pas du grand art, puisqu’elle ne réussit guère à évoquer la lascivité fascinante de Monroe. Mais elle s’investit au moins assez pour ne pas faire sombrer son film dans le territoire navrant des persiflages sans personnalité.
Vu le 20 février 2012, à la Salle Pathé Lincoln, en VO