Et si on vivait tous ensemble ?
Réalisé par Stéphane Robelin (2012)
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 18/01/2012 |
| Note | 6/10 |
Face aux aléas de la vieillesse, cinq amis de longue date envisagent d’emménager ensemble. Ne souhaitant pas révéler sa maladie incurable à son entourage, Jeanne y voit le moyen d’une future prise en charge de son mari Albert, atteint des premiers stades de la démence. Le veuf Claude espère éviter, grâce à cette vie en communauté, la maison de retraite où son fils veut l’interner de force, après quelques malaises cardiaques. Et Annie et Jean, qui forment depuis longtemps un couple solide, pensent faire une bonne action en accueillant leurs amis chez eux. Sous l’œil observateur de l’étudiant allemand Dirk, engagé initialement pour promener le chien d’Albert et qui profite de la situation pour écrire sa thèse en ethnologie, les petits vieux se rendent cependant compte que le fait de se voir chaque jour met à rude épreuve leur amitié.
La critique
Par Tootpadu 09/02/2012
Plutôt que de tourner en dérision les méfaits des vieux, aussi caricaturaux que laisser couler un bain au point d’inonder toute la maison, avoir besoin de se procurer du viagra par des chemins détournés pour se prouver sa virilité chancelante, et rêver de construire une piscine pour attirer les petits-enfants dont la présence demande finalement un effort au delà des forces de la mamie gâteau, la mise en scène de Stéphane Robelin préfère rire avec eux. La concrétisation de leur projet vague de vivre tous ensemble pour se soustraire aux options toutes faites, comme la maison de retraite ou l’hospice pour personnes séniles, élaborées par ceux qui veulent se débarrasser des vieux sans se poser trop de questions, n’est bien sûr pas une solution miracle. Elle leur permet par contre un dernier bel élan de solidarité, quitte à se joindre à la fin du film aux cris de détresse de l’homme qui a oublié que son épouse a disparu.
Pour camper un groupe de personnages aussi hétéroclites, le choix de Guy Bedos, Geraldine Chaplin, Jane Fonda, Claude Rich et Pierre Richard s’avère des plus réussis. A travers une complémentarité dans le jeu d’acteur, qui va du cabotinage grincheux du premier à l’état d’absence tristounet du dernier, en passant par la délicatesse des deux comédiennes étrangères, ils donnent un visage encourageant et presque vigoureux à tout ce pan de la population injustement délaissé par le cinéma. En comparaison, le jeunot de service, en l’occurrence un Daniel Brühl qui poursuit son plan d’une carrière internationale, n’est guère plus qu’un dispositif adéquat pour relier les brefs épisodes, qui montrent sans jamais forcer le trait qu’il est effectivement possible de vieillir dignement.
Vu le 9 février 2012, au Reflet Médicis, Salle 3