Victime du destin

Réalisé par Raoul Walsh (1952)

Western
Victime du destin
Durée 83 minutes
Sortie 30/11/1952
Note 6/10

En 1896, le bandit texan John Wesley Hardin est libéré de prison, après une longue peine de travaux forcés. Avant de quitter la ville, il dépose le manuscrit de ses mémoires chez l'éditeur du journal local. Il y raconte son parcours, qui avait débuté plus de trente ans auparavant. A l'époque, il avait été chassé comme un assassin, après avoir tué en légitime défense un des frères Hanley, suite à un différent de jeu de cartes.

La critique

Par Tootpadu 28/04/2007

Est-ce que l'on peut considérer Raoul Walsh comme un John Ford mineur ? Cette question nous taraude au fur et à mesure de la découverte de l'oeuvre de ce réalisateur légendaire, mais peut-être pas reconnu à sa juste valeur. Comme Ford, Walsh a touché à tous les genres, ou presque, mais il se démarque principalement par son évocation épique de l'Ouest en particulier, et de l'Amérique en général, ainsi que par sa célébration plus ou moins voilée d'une certaine idée de la virilité. Contrairement au maître incontesté du western, il lui manque cette touche profondément humaine qui rend la plupart des films de Ford si émotionnellement engageants. A la place, Walsh aime se trouver au coeur de l'action, quitte à laisser passer la réflexion et la modération au second plan.
Ce western très solide s'inscrit parfaitement dans le style direct de Walsh. Le réalisateur ne s'encombre pas de la structure narrative peu originale (l'évocation d'une vie à partir des mémoires du protagoniste). Celle-ci lui sert même à enchaîner les séquences typiques du genre avec une aisance remarquable. Il ne manque plus que l'attaque des indiens et la panoplie du western serait parfaitement retranscrite ici. Entre les différentes bagarres qui peuvent avoir lieu dans un saloon, l'idylle de la vie paysanne et une chasse à l'homme effrénée, pas le moindre instant de répit n'est accordé au spectateur. Pourtant, le style de Walsh reste constamment très simple, comme s'il était conscient que le destin de Hardin manque d'éléments extraordinaires pour en faire une oeuvre épique.
Jusqu'au message final, qui met en garde contre la spirale inexorable de la violence, le ton reste ainsi agréablement droit et juste. Et ce film désormais vieux de plus d'un demi-siècle se laisse toujours regarder avec autant de plaisir mesuré, comme un film de genre exceptionnel dans sa modestie et son exécution solide.

Revu le 28 avril 2007, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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