Happy new year

Réalisé par Garry Marshall (2011)

Comédie romantique
Happy new year
Durée 118 minutes
Sortie 21/12/2011
Note 4/10

Le 31 décembre 2011, la ville de New York attend avec impatience la nouvelle année, célébrée par le lâcher de la boule lumineuse sur Time Square. C’est l’heure des épreuves professionnelles pour Claire, la responsable de l’événement, Laura dont le service de traiteur a décroché un contrat important, la chanteuse Elise qui – si elle n’était pas coincée dans un ascenseur – devrait accompagner la vedette Jensen, et Ingrid qui démissionne pour mettre en pratique ses bonnes résolutions. Côté famille, le vieux Stan se meurt seul à l’hôpital, tandis que deux couples entrent en compétition pour accueillir le premier bébé du jour de l’an. Enfin, les coups de cœur : celui de la jeune Hailey qui rêve d’embrasser son premier copain sur les coups de minuit et du célibataire Sam qui espère retrouver la femme qui l’avait troublé un an plus tôt.

La critique

Par Tootpadu 10/01/2012

Il existe un écart substantiel entre la facture synthétique de cette suite officieuse de Valentine’s day et sa volonté de dresser un grand tableau fédérateur dans lequel tout un chacun pourra se reconnaître. Le baume au cœur que Garry Marshall souhaite nous y administrer à notre corps défendant sonne par conséquent atrocement faux. Aucune des huit histoires qui rythment maladroitement le récit n’est traitée avec suffisamment de tact, de sensibilité, ou tout simplement d’authenticité humaine, pour nous faire oublier que chaque revirement tiré par les cheveux, chaque apparition au mieux anecdotique de vedettes sur le déclin, comme John Lithgow et Matthew Broderick, chaque accomplissement laborieux de la boucle pour relier tous les fils de l’histoire n’est rien d’autre qu’un prétexte censé réconforter le réalisateur dans sa vision rose bonbon du monde. Hélas, Garry Marshall est depuis toujours incapable de traduire sa philosophie niaise et superficielle en des termes cinématographiques attrayants, voire divertissants.
La hâte constante de passer d’une histoire à l’autre étouffe le maigre potentiel que certaines d’entre elles ont dû avoir sur le papier. Avec la moitié de personnages en moins et en éliminant les actions secondaires les plus inutiles, comme la course à l’accouchement et la quête de la femme mystérieuse contée depuis un camping-car peuplé de bouseux, la narration aurait éventuellement pu prétendre à être autre chose qu’un amas immonde de clichés opportunistes. Mais cela n’était visiblement pas l’intention du réalisateur, qui préfère les situations lourdement convenues, les raccourcis paresseux et les conclusions consensuelles au capital humain de certaines prémisses qu’il dilapide sans le moindre savoir-faire filmique. Au lieu de sautiller bêtement sur place, à l’image du mouvement crétin des personnages entachés des préjugés raciaux les plus caricaturaux, c’est-à-dire les deux assistants de Laura, lorsqu’ils se prennent en photo devant le car du chanteur, la narration aurait mieux fait de s’attarder sur le rapprochement presque délicat entre la vieille hystérique et son coursier, le roi de l’improvisation, sur la relation sans fard entre le patient moribond et l’infirmière qui a rendez-vous devant un écran d’ordinateur, et peut-être même sur ce huis-clos pas entièrement dépourvu de charme dans un vieil ascenseur hors service.
C’est malheureusement le film dans son ensemble qui est en panne, faute de pouvoir nous faire sourire ou verser notre petite larme ne serait-ce qu’une seule fois. Quand même le bêtisier – inclus comme d’habitude dans le générique de fin – n’est qu’un enchaînement pénible de blagues qui n’en sont pas, il est grand temps d’expédier Garry Marshall, le plus creux des réalisateurs hollywoodiens, vers une retraite pas si bien méritée !

Vu le 10 janvier 2012, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 32, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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