Detachment
Réalisé par Tony Kaye (2012)
| Durée | 98 minutes |
| Sortie | 01/02/2012 |
| Note | 7/10 |
Le professeur remplaçant Henry Barthes entame une mission d’un mois dans un lycée de la banlieue défavorisée de New York. Alors qu’il s’applique à maintenir l’ordre parmi ses élèves adolescents qui ne respectent rien, ni personne, sa vie privée, jusque là rythmée par les visites chez son vieux grand-père, va se compliquer, suite à sa rencontre avec Erica, une jeune prostituée.
Les critiques
Par Mulder 11/10/2011
Le professeur de ce film est un homme qui s'est détaché des autres et qui vit dans son propre monde. Son père est en phase terminale dans un hôpital et sa meilleure amie qu'il a recueillie est une jeune adolescente ayant dû vendre son corps pour survivre. Triste constat d'une Amérique post-11 septembre 2001, qui a perdu ses repères, ses valeurs et dont le pessimisme profond s'enraciner dans les quartiers les plus défavorisés.
Le réalisateur d’American history X bénéficie pour son film de l'appui de stars mondiales réputées, tels Adrien Brody et William Petersen. Le plaisir que prennent ces acteurs à jouer sur un scénario solide et racé sans fioriture se voit à l'écran et reflète le pessimisme de notre société, enracinée dans une crise économique et sociale.
Le métier de professeur montré dans ce film témoigne de la difficulté que ceux-ci ont à obtenir le respect d'une jeunesse sans repère parental et moral. Cela rejoint ainsi la description faites dans le film Esprits rebelles. Ce film très réussi montre que le cinéma américain indépendant est un cinéma de liberté d'expression sans aucune concession.
Vu le 9 septembre 2011, au C.I.D., Deauville, en VO
Par Tootpadu 09/09/2011
A l’opposé d’un film aussi sympathique et éloigné de la réalité qu’Ecrire pour exister de Richard LaGravenese, le regard sur les conditions de travail des professeurs n’autorise ici aucune lueur d’espoir. Les professions de foi relativement idéalistes des vrais enseignants qui ouvrent le film, et qui sont en quelque sort reprises ensuite par la confession intime du personnage principal, devront rapidement s’éclipser au profit d’une représentation réaliste de l’école qui fait littéralement peur. Le lycée où Henry Barthes fait escale est en pleine ligne de mire de la jungle urbaine, dont les deux faces complémentaires sont les adolescents provocateurs et violents et l’administration qui ne trouve pas la formule magique pour transformer un secteur à problèmes en un établissement exemplaire. Même l’action aussi bien intentionnée, quoique limitée dans le temps pour ne pas finir comme ses collègues émotionnellement épuisés, du protagoniste ne pourra porter ses fruits dans un environnement laissé à l’abandon par tous les participants.
Ce n’est pas tant la seule touche à peu près constructive qui atténue l’impact de ce film engagé, ni les deux actions parallèles de la jeune prostituée recueillie et du grand-père qui n’a plus toute sa tête, d’ailleurs le motif récurrent par excellence de ce festival de Deauville. La mise en scène a en effet eu l’idée pas entièrement concluante d’expliquer le mal de vivre de ce prof remarquablement sincère par un événement traumatisant de son enfance, qui refait bien trop régulièrement surface, sous forme de souvenirs partiels tournés en super 8, pour ne pas perturber l’harmonie et la vigueur du récit. La même observation vaut pour les autres dispositifs formels assez encombrants, qui renforcent certes le ton ironique de l’ensemble, mais qui affaiblissent en même temps le lien étroit qu’il entretient avec la réalité désespérante du champ de bataille sociale dans les salles de cours.
Vu le 9 septembre 2011, au C.I.D., Deauville, en VO