Summertime

Réalisé par Matthew Gordon (2012)

Drame
Summertime
Durée 73 minutes
Sortie 04/07/2012
Note 6/10

Robbie Hendrick a dû prendre la place du père, depuis que sa mère et son frère aîné Lucas ont quitté la maison qu’il partage désormais avec son petit demi-frère Fess et la vieille grand-mère. Pourtant, jusqu’à ce qu’il se fasse prendre en flagrant délit de vol dans les casiers du collège quelques jours avant la fin des cours, Robbie n’était pas vraiment un adolescent responsable. En échange d’un casier vierge, nécessaire pour un nouveau départ au lycée à la rentrée, le proviseur l’oblige à écrire une dissertation pendant l’été. Mais afin de subvenir aux besoins de sa famille, Robbie préfère travailler à la station service, plutôt que de fainéanter comme Lucas, de retour mais point disposé à donner l’exemple à son frère.

Les critiques

Par Mulder 13/09/2011

La force du cinéma indépendant américain provient du fait que, faute de finances suffisantes, les producteurs et les réalisateurs doivent pouvoir raconter une histoire en maximisant les coûts. Matthew Gordon illustre bien cela en nous dépeignant une classe sociale pauvre en pleine campagne américaine. Pour survivre dans un tel milieu, il faut parfois dépasser le cadre légal, c’est ce que fait le personnage principal. Sans la présence de parents, avec un grand frère véritable « has been », il fera tout pour protéger son petit frère.

L'histoire ici présentée n'est pas nouvelle en soi, mais suffisamment bien construite ; les acteurs non professionnels jouent bien et le réalisateur sait tirer profit au maximum des maigres moyens dont il dispose.

Loin des stéréotypes illustrés par les films des studios, The Dynamiter dresse un véritable état de l'Amérique actuelle sans fard où il est question de survie, d’entraide et de dépassement de soi pour s'imposer dans un milieu hostile.

Film à découvrir d'urgence !

Vu le 6 septembre 2011, au C.I.D., Deauville, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

Par Tootpadu 07/09/2011

Le monde rural du cœur des Etats-Unis, deux jeunes personnages qui y vagabondent, ainsi qu’un langage filmique qui fait la part belle aux cadrages poétiques au détriment de l’action : nous craignions pour un instant – et peut-être pas complètement sans raison – que le programme du festival de Deauville allait nous réserver deux films interchangeables, et difficilement accessibles, de suite. A notre plus grand soulagement, les similitudes entre l’éprouvant Jess + Moss de Clay Jeter et ce film-ci s’estompent rapidement. Contrairement à son successeur immédiat dans notre programme de la journée, The Dynamiter a réussi avec une précision et une aisance bluffantes, surtout pour un premier film, de poser un regard doucement moralisateur sur l’âge ingrat de l’adolescence.
Le protagoniste n’est pas tant un cancre qu’un garçon précocement désabusé par la vie désolante qu’il doit mener par la faute de ses parents absents. Pendant l’été qui forme le cadre temporaire de ce film touchant, il se trouve au carrefour primordial du passage vers une conscience adulte, exempte des rêves illusoires caractéristiques de l’enfance. Son sursaut existentiel de rechercher et de finalement accepter un travail fatigant, voire humiliant, n’est pas motivé par une prise de conscience à connotation spirituelle ou – pire encore et beaucoup plus représentatif de l’idéologie dominante dans le cinéma américain actuel – par une infection galopante avec le virus d’un volontarisme qui résoudra tous les problèmes de la vie, quels qu’ils soient. Non, ce changement discret de style de vie vise avant tout à préparer le foyer délabré au retour peu probable de la mère et à mettre en action les bonnes paroles du grand frère défaitiste.
Le parcours de Robbie est par conséquent de la dynamite, dans le sens que son élan constructif pour améliorer les conditions de vie des siens a finalement eu l’effet inverse, puisque deux malheureux coups de fil auront suffi pour tout faire voler en éclats. Ce personnage agréablement ambigu et tiraillé entre des choix de vie irréconciliables n’est ni un saint, ni un futur criminel invétéré. Sous les traits de William Ruffin, un jeune comédien qui confère plus que convenablement le changement incessant de ses priorités, Robbie appartient à ce groupe restreint de héros du cinéma américain, qui prouvent leur humanité en faisant ce qui est juste, sans attirer l’attention à eux. La mise en scène subtile de Matthew Gordon participe à cette noble tâche, tout en évitant les pièges d’une narration trop emphatique.

Vu le 6 septembre 2011, au C.I.D., Deauville, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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