Enfant de Kaboul (L')

Réalisé par Barmak Akram (2009)

Drame
Enfant de Kaboul (L')
Durée 99 minutes
Sortie 29/04/2009
Note 6/10

Khaled travaille comme chauffeur de taxi à Kaboul. Marié à la veuve de son frère, il rêve d'avoir un fils, alors que sa femme ne lui donne qu'une fille après l'autre. Lorsqu'une cliente voilée abandonne son bébé sur le siège arrière de son taxi, Khaled cherche d'abord à s'en débarrasser par tous les moyens, légaux et autres. Mais face à l'inertie des institutions, il commence à se faire à l'idée que ce nourrisson pourrait bien être le fils qu'il attendait tant.

La critique

Par Tootpadu 26/03/2009

L'Afghanistan fait régulièrement l'actualité pour les nombreux attentats suicides qui secouent le pays et qui y rendent le travail des forces armées internationales de plus en plus dangereux. Mais en dehors de ce regard réducteur depuis l'étranger, l'Afghanistan est aussi un pays comme les autres, où les habitants mènent leur vie quotidienne tout en s'accommodant des contraintes et des libertés toutes relatives. Ce premier long-métrage de Barmak Akram tient ainsi compte du contexte difficile d'une manière accessoire, qui en dit cependant plus long dans sa discrétion et sa sagesse qu'une approche frontale et sensationnaliste.
Au fond, L'Enfant de Kaboul s'inscrit dans la tradition du néo-réalisme italien, avec son intrigue simple, qui soulève indirectement les problèmes sociaux d'un pays ravagé par la guerre et la pauvreté. Ici, ces fléaux ne servent pas à susciter de la sympathie pour les personnages démunis, mais plutôt à leur fournir un arrière-plan social, dont l'authenticité et le naturel ont de quoi bluffer. En effet, Barmak Akram est un réalisateur qui n'aime pas les grands gestes formels. Mais son style subtil et sincère rend attachant le périple de ce chauffeur de taxi tout à fait banal. A partir d'une prémisse qui relève de l'universel, au point de mettre chaque spectateur face au dilemme que représente ce bébé délaissé, le réalisateur dégage une morale, qui brille justement par son refus de solutions faciles.
Ainsi, ce film est une ode touchante à la vie. Pas à cette existence factice si souvent promue par le cinéma occidental, qui consiste en des actions héroïques face aux cataclysmes. Mais le récit en toute simplicité de la réaction entièrement humaine à un fait divers, qui indique en filigrane les problèmes globaux d'un pays en suspens.

Vu le 25 mars 2009, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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