Submarine
Réalisé par Richard Ayoade (2011)
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 20/07/2011 |
| Note | 5/10 |
Au milieu des années 1980, Oliver Tate est un adolescent introverti dans une ville de la côte galloise. Il rêve de sortir avec une fille, à la fois pour perdre sa virginité et afin d’être mieux accepté par ses camarades de classe. Jordana Bevan devrait faire l’affaire, puisqu’elle est aussi solitaire que lui et grâce à son goût prononcé pour la pyromanie, qui s’accorderait parfaitement avec les pulsions lugubres d’Oliver. Contre toute attente, elle accepte de devenir sa petite amie. Mais cette relation survient à un moment peu opportun. En effet, le nouveau voisin des Tate s’avère être Graham, le premier amour de la mère d’Oliver. Celui-ci ne sait alors plus que faire en premier : donner un coup de pouce au couple de ses parents qui bat de l’aile ou bien devenir l’amant parfait de Jordana.
La critique
Par Tootpadu 16/08/2011
Le périple d’Oliver Tate a ainsi beau lorgner du côté des 400 coups de François Truffaut, comme le laissent supposer ces courses désespérées sur une plage déserte, il ne sait en transposer dans l’âge adolescent ni la poésie filmique, ni l’impact émotionnel. Contrairement à la plupart des films d’Alexander Payne, les propos du jeune protagoniste sont certes dans le cas présent plus blasés que proprement cyniques. De son point de vue désabusé naît cependant la même distance préjudiciable à l’éveil d’un intérêt quelconque de la part du spectateur. L’attention portée à l’orchestration de cette autobiographie passablement nombriliste – puisque le personnage principal s’imagine lui-même en tant que héros du film de sa vie – empêche alors toute percée vers une sagesse qui ne serait pas obnubilée par sa propre importance.
Dans un tel déluge de poncifs formels et de vérités stériles, même des comédiens aussi éprouvés que Noah Taylor, Paddy Considine, et Sally Hawkins – pour une fois relativement sobre – dans les rôles des adultes guère exemplaires n’arrivent pas à s’imposer. Ils ne font que colporter mollement le mal de vivre au cœur de ce film pas tout à fait désespérant. Submarine aurait néanmoins gagné en intensité, s’il avait su sortir au moins temporairement du cercle vicieux de l’auto-analyse dans laquelle Oliver Tate plonge sans retenue.
Vu le 16 août 2011, à l’UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 6, en VO