Carrefours de la ville (Les)

Réalisé par Rouben Mamoulian (1930)

Gangster
Carrefours de la ville (Les)
Durée 83 minutes
Sortie 30/11/1930
Note 6/10

Nan Cooley est amoureuse de Kid, un forain débrouillard qui ne veut pas être mêlé aux affaires louches de Pop, le beau-père de Nan. Mais lorsque Nan est arrêtée par la police pour avoir caché l'arme avec laquelle Pop avait éliminé un autre truand, Kid se ravise et s'associe à Pop afin de réunir les fonds nécessaires à la libération de Nan. Cette dernière n'apprend ce changement de carrière que tardivement et en désapprouve fortement. Il s'avère qu'elle a vu juste, quand, à sa sortie de prison, elle est convoitée par le patron de Kid, désormais profondément impliqué dans les affaires de la mafia de la bière.

La critique

Par Tootpadu 13/04/2007

Le talent visuel du réalisateur Rouben Mamoulian s'affiche dès son deuxième film, une histoire de gangster aux revirements pas trop bancals. Ce n'est ainsi pas tant la progression partiellement anémique de l'intrigue qui fascine, mais les prouesses dans la composition et l'association parfois symbolique des images. Rien que les premiers plans, une orchestration de camions et de bouteilles de bière qui annonce déjà les sommets de la comédie musicale que Mamoulian allait atteindre peu de temps après, donnent le ton pour une narration qui emprunte des chemins plutôt ingénieux. Le style du réalisateur, qui s'exprime en premier lieu par l'image, brille régulièrement par la suite, que ce soit lors d'une conversation entre deux statues de chat ou de nombreuses transitions enclenchées par des motifs récurrents.
Les Carrefours de la ville n'est cependant pas un de ces films du début du cinéma parlant qui s'accommodent mal des techniques sonores encombrantes. L'emploi du son est même plutôt réussi, à travers le doublement ostentatoire du son et de l'image (les sonneries) ou un retour en arrière sonore assez impressionnant pour l'époque (Nan, en larmes et incapable de dormir la nuit dans sa cellule alors que sa codétenue ronfle fortement, se remémore l'annonce de Kid de son entrée dans la mafia).
Enfin, Gary Cooper et Sylvia Sidney forment un couple aussi adorable que malmené. Ils sont très solidement soutenus par une distribution de seconds rôles dont la richesse est créée à partir de petits traits à la précision remarquable, notamment du côté des personnages féminins (la nouvelle belle-mère de Nan, ses compagnes de prison, la copine du patron).

Vu le 13 avril 2007, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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