Happy happy
Réalisé par Anne Sewitsky (2011)
Comédie Dramatique
| Durée | 88 minutes |
| Sortie | 27/07/2011 |
| Note | 6/10 |
Quelques semaines avant Noël, Elisabeth et Sigve s’installent avec leur fils adoptif Noa à la campagne. Ce déménagement était censé permettre au couple de repartir sur de bonnes bases, mais les nouveaux arrivés sont vite accaparés par leurs voisins Kaja et Eirik. Chez ces derniers, la vie de famille ne rime plus non plus avec joie et épanouissement. Au contraire, Kaja se sent sexuellement délaissée par son mari, qui préfère aller chasser, alors qu’elle rêve d’avoir d’autres enfants que son fils Theodor.
La critique
Par Tootpadu 06/07/2011
Chaque été, il y a au moins un film en provenance des pays scandinaves, voire d’Islande, qui apporte un peu de fraîcheur glaciale dans la chaleur étouffante de la canicule. Cette année, ce coup de contre-programmation cinématographique, quelque part entre l’ingéniosité et l’opportunisme, devrait être ce premier film norvégien, dont l’action se déroule tout naturellement à l’antipode saisonnier, en plein mois de décembre. Sauf que Happy happy n’a rien d’un conte de Noël réconfortant. Au contraire, le titre accrocheur n’est que la première étape d’une déconstruction systématique et jouissive des certitudes et des conventions.
La réalisatrice Anne Sewitsky paraît en effet concevoir son film comme une sorte de comédie tragique à la grecque, avec un chœur sous forme de quatre dandys chantant des gospels a capella, qui ne commentent pas tant l’intrigue qu’ils ne la rythment sur un ton agréablement détendu. C’est cette mise en perspective musicale, ainsi que le ton malicieusement ironique de la narration, qui apportent une petite touche de légèreté à ce qui risquait autrement de n’être qu’un drame conjugal de plus. Car les coups de théâtre, les infidélités et les rapports de dépendance ne manquent pas dans cette histoire de deux familles, qui iraient tellement mieux, si c’étaient la raison et une communication saine qui menaient le jeu, au lieu des vieux ressentiments et des cachotteries honteuses. A la fin, tout semble rentré dans l’ordre, mais au prix de quelques mises au point douloureuses, que la mise en scène a su accompagner sans faille d’une pincée corrosive.
Quelques maladresses propres à un premier film mises à part, Anne Sewitsky a remporté le pari pas gagné d’avance de titiller les limites de la bienséance, sans jamais tomber dans la vulgarité, et tout en dépassant partiellement nos attentes par rapport au seuil de la complexité des sentiments et du caractère subversif des actions qu’elle a osé franchir. Avec son film fort amusant, elle ne procède pas à un ostracisme sommaire envers ses personnages loin d’être parfaits. Elle sait plutôt poser un regard doucement moqueur sur les travers du comportement humain, tels la répétition des schémas anciens issus du colonialisme dans les jeux d’enfants et la poursuite effrénée d’un idéal familial traditionnel, en dépit des préférences sexuelles les plus intimes.
La réalisatrice Anne Sewitsky paraît en effet concevoir son film comme une sorte de comédie tragique à la grecque, avec un chœur sous forme de quatre dandys chantant des gospels a capella, qui ne commentent pas tant l’intrigue qu’ils ne la rythment sur un ton agréablement détendu. C’est cette mise en perspective musicale, ainsi que le ton malicieusement ironique de la narration, qui apportent une petite touche de légèreté à ce qui risquait autrement de n’être qu’un drame conjugal de plus. Car les coups de théâtre, les infidélités et les rapports de dépendance ne manquent pas dans cette histoire de deux familles, qui iraient tellement mieux, si c’étaient la raison et une communication saine qui menaient le jeu, au lieu des vieux ressentiments et des cachotteries honteuses. A la fin, tout semble rentré dans l’ordre, mais au prix de quelques mises au point douloureuses, que la mise en scène a su accompagner sans faille d’une pincée corrosive.
Quelques maladresses propres à un premier film mises à part, Anne Sewitsky a remporté le pari pas gagné d’avance de titiller les limites de la bienséance, sans jamais tomber dans la vulgarité, et tout en dépassant partiellement nos attentes par rapport au seuil de la complexité des sentiments et du caractère subversif des actions qu’elle a osé franchir. Avec son film fort amusant, elle ne procède pas à un ostracisme sommaire envers ses personnages loin d’être parfaits. Elle sait plutôt poser un regard doucement moqueur sur les travers du comportement humain, tels la répétition des schémas anciens issus du colonialisme dans les jeux d’enfants et la poursuite effrénée d’un idéal familial traditionnel, en dépit des préférences sexuelles les plus intimes.
Vu le 5 juillet 2011, à la Salle Pathé Lincoln, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10