Crazy stupid love
Réalisé par Glenn Ficarra, John Requa (2011)
| Durée | 118 minutes |
| Sortie | 14/09/2011 |
| Note | 6/10 |
Après vingt-cinq ans de mariage, Cal Weaver tombe des nues quand sa femme Emily lui annonce qu’elle veut divorcer, parce qu’elle a couché avec un collègue. Dès lors, c’est la déroute pour Cal qui abandonne la maison familiale avec ses deux enfants, s’installe dans un studio minable, et va tous les soirs au bar pour se soûler et se lamenter haut et fort de ses problèmes personnels. Dans le même établissement, le tombeur de femmes invétéré Jacob Palmer exerce son pouvoir de séduction sans faille pour emmener ensuite ses plus belles conquêtes chez lui, dans son nid d’amour. Il a pitié de Cal, ce pilier de bar mal habillé et mal-en-point, et lui propose de retrouver ensemble sa part de virilité qu’un quart de siècle de monogamie lui a fait perdre.
La critique
Par Tootpadu 04/10/2011
Au lieu de rester collé exclusivement devant le malheur du père de famille, dépouillé du jour au lendemain de son bonheur conjugal, la narration s’emploie à relativiser ce cataclysme personnel en l’intégrant dans une série de quêtes romantiques pas moins ambiguës. Que ce soit le fils adolescent de Cal ou la jeune avocate exigeante, chacun des personnages a le privilège d’être traité à la fois comme un être humain forcément perfectible et comme le digne représentant d’un poncif de la comédie américaine populaire. Ainsi, il est question ici de branlette en douce, de photos de cul, de bites qui pendent, et de toutes sortes d’exploits sexuels évoqués crûment. Contrairement aux films destinés à un public immature, que pareil humour potache fait rigoler bêtement, celui-ci n’étale pas avec ostentation une vulgarité gratuite. Il s’en sert plutôt pour enraciner les personnages dans un semblant de réalité, nécessaire justement pour éviter au récit de devenir un conte volontariste à l’eau de rose au relent de pipi-caca.
Même si l’on n’échappe pas à une conclusion assez consensuelle et que la révélation principale de la dernière partie du film s’apparente plus à une tentative forcée de réunir coûte que coûte tous les personnages qu’à l’établissement crédible d’un lien de parenté resté pendant longtemps dans l’ombre, il émane un sens sincère de complicité et de camaraderie de ce film, qui est largement absent de la plupart des œuvres comparables, doucement moqueuses, voire méchamment cyniques. La distribution en tous points parfaite apporte la touche finale pour rendre ce film non seulement divertissant et amusant, mais aussi suffisamment intelligent pour qu’il puisse prétendre à être une relecture subtile de tout ce qu’il existe de potentiellement indigeste dans les comédies américaines pubères.
Vu le 3 octobre 2011, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 21, en VO