Super 8
Réalisé par J.J. Abrams (2011)
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 03/08/2011 |
| Note | 7/10 |
Encore sous le choc quelques mois après la mort de sa mère dans un accident professionnel, le jeune Joe Lamb cherche à se changer les idées en participant au tournage d’un court-métrage amateur, que ses camarades de classe filment en super 8 pendant l’été 1979. Un soir, alors qu’une scène d’adieu est prête à être tournée dans une gare désaffectée qui sert de décor à leur histoire abracadabrante de zombies, les cinéastes en herbe deviennent les témoins involontaires d’une catastrophe ferroviaire impressionnante. L’armée investit rapidement les lieux et garde les habitants de la bourgade avoisinante de l’Ohio à l’écart, après que Joe et ses amis ont réussi à s’échapper sans être inquiétés. Les jours suivants, des événements étranges font craindre une invasion d’extra-terrestres, alors que la caméra du groupe d’adolescents aurait peut-être enregistré l’origine de toute cette agitation.
Les critiques
Par Mulder 05/07/2011
Toute la force de Super 8 vient de son scénario solide, qui semble tiré d'un ouvrage du maître écrivain Stephen King. Le fantastique s'immisce par petites touches dans une intrigue où les personnages principaux et leurs fêlures sont décrits avec précision. Le déraillement d'un train très spectaculaire (dévoilé par la bande-annonce) va plonger une petite ville de l’Ohio dans un climat angoissant, où l'ombre d' une créature va planer.
J.J. Abrams est comme Steven Spielberg un humaniste et un conteur surdoué. Son film trouve ainsi la fréquence parfaite pour mélanger différents genres de films (chronique de l'enfance, film d'aventure, film de science-fiction). Son film s'impose comme un des blockbusters de l'année, aux côtés de Thor, Captain America et X-men Le commencement, soit exclusivement des films s'inspirant de notre réalité pour y insuffler un élément fantastique.
Comme dans Les Dents de la mer, la créature est dévoilée le moins possible tout au long de l'histoire, afin d'entretenir un climat angoissant. Chacune de ses apparitions est amenée par un son particulier identique, permettant aux spectateurs de comprendre que le monstre n'est pas loin. Les effets spéciaux très réussis servent l'histoire et ne sont pas là pour masquer la moindre défaillance scénaristique. De même, l'interprétation très enjouée des principaux acteurs est limpide et renforce notre excellente impression à la vue de ce film.
Certes, certains pourraient prêcher que ce film n'est qu'un assemblage d'idées déjà véhiculées dans d'autres classiques antérieurs du même acabit. Cela reviendrait à minimiser la force de cet excellent ouvrage. Certes – et c’est volontaire –, le réalisateur s'est largement inspiré des films de notre enfance, mais il en a tiré une œuvre de part en part maîtrisée. C’est donc avec un certain empressement que nous attendons sa prochaine création.
Super 8 est surtout un grand film inspiré, qui s'impose dès sa première lecture comme un classique du genre, à ranger dans son étagère de DVDs entre celui de E.T. L'extraterrestre et Gremlins !
Vu le 16 juin 2011, au Paramount Opéra, Salle 1, en VO
Par Tootpadu 21/06/2011
L’efficacité et la solidité de la facture de ce film en même temps dépourvu de l’originalité la plus infime constituent ainsi un retour en arrière largement salutaire dans le contexte d’une production hollywoodienne actuelle, qui se sert certes toujours des mêmes modèles narratifs éculés, mais qui prétend que l’évolution technique indéniable en ferait un produit d’une nouvelle espèce. Rien de cette poudre aux yeux mercantile dans le cas présent, grâce à une narration d’emblée très révérencieuse à l’égard des piliers d’antan sur lesquels se base pourtant le mode opératoire des films pop-corn jusqu’à nos jours. A plus d’une occasion, on se croirait en effet face à une ressortie merveilleusement restaurée de ces aventures d’une bande de jeunes copains, qui avaient pullulé sur nos écrans à partir de la décennie suivante, ces problématiques années 1980. Pour quiconque considère l’Histoire du cinéma comme un éternel mouvement cyclique, fait de renvois et de faux départs vers une esthétique à l’apparence nouvelle qui se conformera tôt ou tard à la suprématie d’une narration conventionnelle, ce film hautement divertissant peut servir d’exemple parfait pour une forme de relecture des codes d’un genre, qui – contrairement à la démarche d’un Quentin Tarantino qui pervertit joyeusement les recettes éprouvées par une violence outrancière ou de Pixar qui insuffle un vent de fraîcheur à l’animation familiale en y incluant des références directes à notre culture de consommation – cherche à concocter une copie entièrement conforme, à la manière des contrefaçons industrielles chinoises les plus prodigieuses.
Si vous arrivez à vous soustraire au fil narratif si séduisant, car si familier, de cette histoire élaborée dans une éprouvette de luxe, nous vous invitons à énumérer l’ensemble des références à l’œuvre de Steven Spielberg en particulier, et aux grand succès du cinéma américain depuis les débuts de sa figure de proue en général. La déconstruction du récit selon cette forme d’enquête minutieuse des détectives du cinéma vous laissera très probablement avec rien du tout, tellement le moindre détail du film relève du déjà-vu plaisant mais en fin de compte assez creux. Chaque pièce du puzzle a ainsi déjà servi ailleurs. Pire encore, elle ne doit sans doute son inclusion dans ce tableau filmique destiné au musée du cinéma populaire et de son esthétique immuable qu’à sa réussite dans le cadre d’un film pas aussi rondement mené que Super 8, mais très certainement plus ambitieux du côté de l’originalité.
Vu le 16 juin 2011, au Paramount Opéra, Salle 1, en VO