Insidious
Réalisé par James Wan (2011)
| Durée | 103 minutes |
| Sortie | 15/06/2011 |
| Note | 6/10 |
La famille Lambert vient d’emménager avec leurs trois enfants dans une nouvelle maison. Les cartons à peine déballés, le fils cadet Dalton fait une chute apparemment bénigne dans le grenier. Le lendemain, il tombe dans un coma mystérieux, que les médecins sont incapables d’expliquer. Trois mois plus tard, Dalton, toujours inconscient, rentre à la maison. C’est alors que sa mère Renai commence à entendre des voix et à voir des créatures inquiétantes. Elle est convaincue que la maison est hantée par des esprits maléfiques et implore son mari Josh de déménager à nouveau.
La critique
Par Tootpadu 08/06/2011
La volonté de revenir à travers ce film à une forme plus ancienne de l’épouvante est manifeste pendant la première partie de l’histoire, qui en fait même un peu trop pour rendre la demeure menaçante. Les recoins sombres, les portes qui s’ouvrent toutes seules, le bois qui craque, ainsi que leur équivalent de mise en forme filmique, comme une musique qui va crescendo ou des mouvements de caméra qui nous conduisent inexorablement vers l’endroit tant redouté : tout cela relève de la grande époque d’un cinéma de la peur, qui privilégiait cette exploration subtile de l’appréhension du danger aux flots d’hémoglobine jaillissant bêtement de partout. La mise en scène nous prépare de la sorte à la hantise suprême, à condition que celle-ci trouve une explication susceptible de nous glacer le sang.
Et puis, au bout d’une heure, le récit prend un tournant assez radical, en abandonnant cette maison si soigneusement préparée pour le cauchemar final, et en installant la famille dans une résidence en apparence plus rassurante. Cette coupure nette fait évidemment partie du plan, qui vise à démontrer que l’horreur ne dépend pas d’une vieille bicoque, mais qu’elle s’est installée depuis longtemps dans le for intérieur des personnages. C’est par ailleurs la rencontre presque physique entre la mère terrorisée et les sphères du monde des morts qui avait été la plus terrifiante auparavant, tandis que le doute d’une possession avait été au mieux une mise en bouche adroite de ce renversement des certitudes cartésiennes. La deuxième partie du film s’écarte donc de la quête du frisson à l’ancienne, pour se fier corps et âme à des expériences surnaturelles, qui ne sont crédibles que grâce à l’interprétation de l’excellente Lin Shaye en grand-mère exorciste pragmatique.
Vu le 6 juin 2011, au Club de l'Etoile, en VO