Conjuring Les dossiers Warren
Réalisé par James Wan (2013)
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 21/08/2013 |
| Note | 6/10 |
Au début des années 1970, Ed et Lorraine Warren sont des enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, que l’église catholique autorise parfois à participer aux exorcismes. Leur affaire la plus effrayante n’a jamais été dévoilée, jusqu’à ce jour. Il s’agit du cas de Roger et Carolyn Perron, qui se sont installés avec leurs cinq filles à la campagne, dans une maison sur laquelle pèse une malédiction ancienne.
Les critiques
Par Mulder 15/07/2013
Depuis plus de cinquante ans Lorraine et Ed Warren sont considérés à juste titre comme de réels enquêteurs reconnus dans le domaine paranormal. Ils ont ainsi été amenés à enquêter sur toutes sortes d’affaires : les maisons hantées, les objets possédés.
Ainsi, pour son cinquième film, James Wan réussit encore à nous surprendre. Pourtant après l’excellent Insidious sorti il y a maintenant deux ans on savait que ce jeune réalisateur continuait de film en film à imposer sa patte. Contrairement à Saw et Dead Silence, il laisse la responsabilité du scénario aux deux frères Hayes (Carey et Chad) et livre cette fois-ci un film inspiré de personnages réels et de faits inspirés d’éléments réels.
Conjuring Les dossiers Warren raconte ainsi l'histoire horrible, mais vraie, d'Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, venus en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée … Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière. James Wan semble se parfaire dans le genre horrifique avec les déjà incontournables Saw, Dead Silence et Death Sentence. Il réussit néanmoins à retrouver cet aspect effrayant des films des années 1970 tel le magnifique L’Exorciste de William Friedkin. Ainsi au lieu de montrer un film gore à l’extrême, le réalisateur privilégie la mise en place d’une intrigue solide reposant sur l’étude d’une famille de la classe moyenne américaine devant affronter une force maléfique (une sorcière). Plus le film avance, plus l’étau se resserre autour des habitants de cette maison hantée. Certes petit budget mais maximum d’efficacité grâce à l’interprétation du couple Warren interprété brillamment par Vera Farmiga et Patrick Wilson.
James Wan, par son approche très lente, permet ainsi de maximiser l’efficacité de certaines scènes avant de laisser place à une fin apocalyptique où un exorcisme sera inévitable afin de ramener de l’ordre dans cette ferme. Le film ne révolutionne pas le genre mais en adoptant une forme très ancrée seventies lui donne toute sa valeur. Le réalisateur que l’on sent très cinéphile nous renvoie ainsi non seulement aux films de maison hantée dont le modèle le plus illustre est le film Amityville La Maison du diable de Stuart Rosenberg (1979) mais aussi nous rappelle cette série culte des années 2000 "Aux frontières du réel". Ainsi chaque objet récolté par la famille Warren représente autant de dossiers aussi fascinants que dangereux.
L’utilisation de la poupée possédée Annabelle qui ouvre les hostilités des forces obscures semble être aussi bien un moyen pour son réalisateur de faire un lien avec Dead Silence que Saw, voire être la hantise la plus profonde du réalisateur. Tout au long du film, nous ressentons totalement son aura maléfique, qui renforce un climat des plus angoissants vu depuis longtemps au cinéma.
Conjuring Les dossiers Warren s’impose comme une des réussites cinématographiques de l’année. Certes, il s’agit d’un film mineur comparé aux mastodontes que sont Man of Steel et Pacific Rim mais cette œuvre reste celle d’un véritable auteur redonnant ses lettres de noblesse au genre horrifique.
Vu le 9 juillet 2013, au Paramount Opéra, Salle 2, en VO
Par Tootpadu 15/07/2013
Il ne suffit pas d’avoir été le précurseur dans son domaine, encore faut-il se faire connaître à temps pour récolter les fruits de ses exploits. Les enquêtes paranormales du couple Warren ont ainsi beau être les seules à pouvoir prétendre à un minimum de crédibilité, leur adaptation cinématographique arrive si tard, qu’on y voit plus les lacunes qu’un retour aux origines de la mode des maisons hantées et autres légendes de possession qui exercent, depuis quelques années déjà, une influence considérable sur le genre de l’horreur. La vague des faux films amateurs, comme la série des Paranormal Activity, est en effet passée par là et quelques moments de frisson savamment dosés disparaissent désormais dans une bouillie mentale de sursauts semblables, qui répondent presque sans exception aux mêmes dispositifs usés jusqu’à la corde.
Cela ne veut pas dire que Conjuring Les dossiers Warren soit nécessairement plus mauvais qu’un quelconque film d’horreur récent, fort dans la création d’une atmosphère angoissante et faible dans pratiquement tout le reste. Pendant la première partie du film, l’orchestration de la peur se montre au contraire plutôt efficace, avec les signes d’une présence maléfique dans la maison idyllique des Perron qui vont crescendo. Comme souvent, les choses commencent à se gâter, dès qu’il faut concrétiser cette menace, lui conférer une apparence et une histoire, qui permettront aux valeureux chasseurs de fantômes de trouver un angle d’attaque. Dans le cas présent, cette rupture se fait assez abruptement, quand les esprits s’emparent d’un des personnages, et elle ne tarde pas à déboucher sur une conclusion tout à fait bancale, notamment dans la libération du danger surnaturel de ses contraintes spatiales.
Enfin, si le cinquième film du réalisateur James Wan tient tant soit peu la route en tant que divertissement guère original, ses implications idéologiques sont déjà plus discutables. Une fois de plus, l’église catholique, aussi peu réactive soit-elle, est désignée comme l’institution unique vers laquelle il faut se tourner pour retrouver sa tranquillité d’esprit. Si ce repère exclusif pouvait encore fonctionner dans des films de la décennie où l’action de ce film-ci a lieu, comme L’Exorciste de William Friedkin, dans notre époque, soit plus séculière, soit soumise à une variété de religions, pareille croyance étroite, ainsi que sa représentation avec quelques points d’interrogation à peine développés, doivent forcément paraître au bord de l’intégrisme chrétien.
Vu le 9 juillet 2013, au Paramount Opéra, Salle 2, en VO