Fille du puisatier (La)

Réalisé par Daniel Auteuil (2011)

Comédie Dramatique
Fille du puisatier (La)
Durée 109 minutes
Sortie 20/04/2011
Note 5/10

Sa fille aînée Patricia est toute la fierté du puisatier Pascal Amoretti. Revenue de Paris, où elle avait été élevée par une dame riche, pour aider son père veuf dans l’éducation de ses cinq sœurs, elle a désormais atteint l’âge de se marier. Alors que son père donnerait volontiers sa main à son assistant Félipe, Patricia s’éprend de Jacques Mazel, aviateur et fils de la famille de commerçants du village. De cette romance naît un enfant que la belle-famille renie, d’autant plus que Jacques est porté disparu pendant la guerre et qu’il n’a jamais reconnu sa relation avec Patricia. Pascal se voit alors obligé de répudier sa fille bien-aimée.

La critique

Par Tootpadu 31/03/2011

Le nom de Marcel Pagnol évoque immédiatement un pan entier de la culture régionale française. Dans son rôle de chroniqueur du sud de la France, l’auteur et réalisateur est indissociablement lié à un accent et des coutumes précis. L’élément qui caractérise cependant encore bien plus son travail que cette façon de parler si séduisante des Provençaux, c’est le côté vieillot de ses pièces et de ses films, qui appartiennent - avec tout l’attachement nostalgique et le respect qu’on leur doit – au passé. Pour remettre au goût du jour cet univers si emblématique d’une époque plus glorieuse de l’Histoire française que ne l’est l’actualité guère reluisante, et en même temps si peu représentatif de tout ce qui sort de son cadre géographiquement et temporellement restreint, il aurait sans doute fallu un cinéaste plus aguerri que l’acteur Daniel Auteuil, qui fait avec ce remake de La Fille du puisatier de 1940 ses premiers pas derrière la caméra.
Que les choses soient bien claires, en tant que comédien, le réalisateur débutant n’a strictement rien à se reprocher, puisqu’il habite son personnage d’un brave homme, pauvre mais digne, avec une honnêteté dramatique confondante. A y regarder de près, c’est même son interprétation de Pascal qui confère le minimum syndical d’authenticité folklorique à cette histoire d’une rébellion assez molle des sentiments contre les traditions, et pas seulement parce qu’il adopte l’accent le plus épais. Les autres personnages se soumettent en effet un peu trop docilement au penchant pour la théâtralité du phrasé de Pagnol, en remplissant du coup ni plus, ni moins que le rôle caricatural qu’on leur a attribué. Que ce soit Kad Merad, Nicolas Duvauchelle, Sabine Azema, ou Jean-Pierre Darroussin, ils se conforment tous à leur stéréotype respectif : le bon bougre prêt à tout pour rendre la femme de son cœur heureuse, le tombeur de filles superficiel, ou bien le couple bourgeois qui se croit au dessus de la classe des travailleurs.
Le spectacle est donc vaguement plaisant à regarder, mais entièrement dépourvu de l’âme qui rendait autrefois les contes de Pagnol si irrésistibles. Ceux-ci ne requièrent certes pas une mise en scène inutilement loufoque, puisque leur force de séduction repose avant tout sur la parole, ainsi que sur la description attachante de campagnards originaux. Mais la narration très plan-plan de Daniel Auteuil ne rend guère justice aux propos d’un artiste complet issu d’une époque révolue, qui ne risque hélas point de regagner les faveurs du public d’aujourd’hui avec une telle adaptation ennuyeusement sage et gentillette.

Vu le 29 mars 2011, à la Salle Pathé Lamennais

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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