Ligne droite (La)
Réalisé par Régis Wargnier (2011)
| Durée | 98 minutes |
| Sortie | 09/03/2011 |
| Note | 5/10 |
Libérée de prison au bout de cinq ans, Leïla a du mal à reconstruire sa vie. Sa passion pour l’athlétisme lui permet tant soit peu de reprendre pied. Au stade Charléty, elle fait par hasard la connaissance de Yannick, un jeune coureur ambitieux, aveugle suite à un accident survenu six mois plus tôt. Le courant passe tout de suite entre les deux sportifs et Leïla accepte de devenir l’accompagnatrice de Yannick sur la piste de course. Alors que les premières compétitions approchent, Leïla n’en peut plus de cacher à Yannick la vérité sur son passé et d’être éloignée de son fils, adopté après le crime par son beau-frère.
La critique
Par Tootpadu 20/03/2011
Il ne s’agit pas exactement de condescendance dans le cas de La Ligne droite, mais l’éparpillement du scénario ne permet pas non plus d’aborder de front le handicap, et encore moins de le banaliser et de montrer que la vie ne s’arrête pas à cause de lui. Le poids mélodramatique qui pèse sur le véritable personnage principal du film, qui n’est évidemment pas Yannick mais Leïla, accablée d’une multitude de problèmes qui la rendent presque plus socialement infirme que son poulain, transforme ainsi toutes les bonnes intentions sans doute à l’origine du projet en poncifs inoffensifs. A force de vouloir trop faire et de fuir comme la peste l’apitoiement sur l’infériorité physique de Yannick, voire de la démentir en soulignant vaguement ses exploits sportifs, la narration peu fine du réalisateur dilue le propos d’un film potentiellement poignant jusqu’à ce qu’il devienne méconnaissable.
Alors qu’il convient de saluer les valeurs civiques promus par ce drame, comme l’investissement des coureurs voyants aux côtés de leurs confrères aveugles, il nous est impossible de passer sous silence l’aspect bancal de son scénario, dont les répliques ne deviennent pas plus pertinentes quand on les lit en sous-titres dans une projection en audio-vision. Enfin, si Rachida Brakni dans le rôle principal dispose d’un pas de course gracieux, les grimaces qu’elle fait sous l’emprise de l’effort physique ne nous permettent toutefois pas de considérer son personnage plus sérieusement qu’une somme de malheurs caricaturaux, censée détourner artificiellement notre émotion de son faire-valoir handicapé. Toute la maladresse narrative du film réside dans ce transfert de pitié mal exécuté, et encore exaspéré par les grands moyens habituels dont Régis Wargnier ne paraît pas pouvoir se passer.
Vu le 20 mars 2011, à l’Arlequin, Salle 3