Coup d'éclat
Réalisé par José Alcala (2011)
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 27/04/2011 |
| Note | 4/10 |
A Sète, le travail du capitaine de police Fabienne Bourrier consiste essentiellement à attraper des immigrés clandestins et à les renvoyer chez eux. Un soir, alors qu’elle est sur le point de terminer son service, Fabienne tombe sur Olga, une prostituée originaire des pays de l’Est, qui affirme avoir un fils qu’elle a dû laisser seul quand elle s’est fait arrêter. Fabienne la croit assez pour l’emmener voir son enfant. Mais Olga arrive à s’échapper et est retrouvée quelques jours plus tard sans vie en bas d’un immeuble du toit duquel elle s’est jetée. Alors que ses supérieurs voudraient classer sans suite ce suicide d’une immigrée clandestine, Fabienne part à la recherche du fils présumé de la défunte.
La critique
Par Tootpadu 17/03/2011
Le détachement de cette femme assaillie de toute part ne serait pas si préjudiciable pour l’ensemble du film, si son enquête reposait au moins sur quelque chose de concret. L’aspect très vague des indices, voire l’absence d’un crime à proprement parler, freine par contre considérablement l’élan narratif de l’intrigue. Pendant longtemps, Fabienne suit guère plus que la chimère d’un gamin qu’elle n’a jamais vu et dont l’existence hypothétique suffit à peine à maintenir l’histoire à flot. Des références peu fines à la maternité, à travers la mère mourante de Fabienne et l’instinct maternel insoupçonné de cette dernière, n’apportent pas plus une touche vigoureuse au récit qu’une galerie de personnages secondaires sans intérêt.
L’approche approximative de la mise en scène de José Alcala aurait pu au moins garantir à son film le niveau d’un téléfilm modeste, si ce n’était pour la conclusion assez bâclée. Déjà pas tout à fait à sa place auparavant, la femme flic paraît comme un amateur déboussolé au cours de l’affrontement final. Sa façon de gérer une situation dangereuse est ainsi plus risible que rassurante et les grands airs de Catherine Frot – une Dilettante parfaite mais point à l’aise pour camper une figure autoritaire en proie au doute – accentuent encore sa faiblesse et son flegme inapproprié. Même si l’intention du réalisateur avait été de montrer l’anéantissement existentiel d’une femme au sein des forces de l’ordre françaises, les dernières minutes de son film suffiraient pour décrédibiliser le moindre penchant vers un constat social sérieux.
Vu le 15 mars 2011, au Club de l'Etoile