Vents de sable Femmes de roc
Réalisé par Nathalie Borgers (2011)
Documentaire
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 09/03/2011 |
| Note | 5/10 |
Les femmes de la tribu nomade des Toubous passent la plupart de leur temps au foyer. Pourtant, chaque année pendant quelques mois, elles entreprennent seules, avec leurs enfants et leurs chameaux, une longue traversée du Sahara, afin de vendre leur bétail dans la grande ville la plus proche et d’y participer à la récolte des dattes.
La critique
Par Tootpadu 08/03/2011
Même dans les civilisations au mode de fonctionnement plutôt archaïque, quelques élans insoupçonnés d’émancipation peuvent co-exister avec l’assujettissement systématique des femmes dans un ordre patriarcal. De fidèles servantes envers leurs maris pendant les deux tiers de l’année, les femmes au cœur de ce documentaire retrouvent un semblant de liberté, le temps d’accomplir le périple de la traversée du désert pour subvenir aux besoins matériels de leur famille. La dimension héroïque et édifiante de leur aventure est en effet manifeste, tant cette parenthèse récurrente dans une existence servile leur permet de se retrouver loin du joug imposé par les hommes, bien qu’elles soient toujours sous l’emprise des caprices guère moins clémentes des conditions extrêmes au sein du Sahara.
La réalisatrice belge Nathalie Borgers ne trouve malheureusement pas une forme d’expression filmique susceptible de tenir compte de l’exploit de ces femmes dans toute sa noblesse. Elle fait certes l’impasse sur une voix off qui placerait artificiellement le voyage dans le contexte d’une revendication féminine abstraite. Mais la neutralité du ton qui en résulte produit avant tout une sensation persistante d’ennui, là où les différentes étapes du trajet auraient dû nous rapprocher des héroïnes modestes de la tribu des Toubous. Même l’aspect visuel du désert majestueux est à peine mis au profit d’un récit de voyage, qui passe hélas à côté de la grandeur de l’âme africaine.
Ce n’est que lorsque la caravane a atteint la ville et que les femmes interagissent par exemple d’une manière assez hilarante avec une série vue à la télé, que la dynamique du groupe devient clairement apparente. Après la très longue traversée du désert en termes cinématographiques, ces quelques bribes savoureuses sont cependant insuffisantes pour nous réconcilier pleinement avec un documentaire au sujet plus que prometteur, mais à l’exécution formelle plutôt moribonde.
La réalisatrice belge Nathalie Borgers ne trouve malheureusement pas une forme d’expression filmique susceptible de tenir compte de l’exploit de ces femmes dans toute sa noblesse. Elle fait certes l’impasse sur une voix off qui placerait artificiellement le voyage dans le contexte d’une revendication féminine abstraite. Mais la neutralité du ton qui en résulte produit avant tout une sensation persistante d’ennui, là où les différentes étapes du trajet auraient dû nous rapprocher des héroïnes modestes de la tribu des Toubous. Même l’aspect visuel du désert majestueux est à peine mis au profit d’un récit de voyage, qui passe hélas à côté de la grandeur de l’âme africaine.
Ce n’est que lorsque la caravane a atteint la ville et que les femmes interagissent par exemple d’une manière assez hilarante avec une série vue à la télé, que la dynamique du groupe devient clairement apparente. Après la très longue traversée du désert en termes cinématographiques, ces quelques bribes savoureuses sont cependant insuffisantes pour nous réconcilier pleinement avec un documentaire au sujet plus que prometteur, mais à l’exécution formelle plutôt moribonde.
Vu le 9 février 2011, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10