Honk
Réalisé par Arnaud Gaillard, Florent Vassault (2011)
| Durée | 65 minutes |
| Sortie | 09/11/2011 |
| Note | 6/10 |
En 2010, 46 personnes ont été exécutées dans les prisons américaines. Alors qu’un tiers des états a aboli la peine de mort, elle est encore d’actualité dans 34 d’entre eux. Les femmes de la famille Kirk se rendent à Salt Lake City, afin d’y assister à l’exécution par fusillade de Ronnie Lee Gardner, qui avait tiré sur leur père et grand-père un quart de siècle plus tôt. Curtis McCarty a passé presque autant de temps dans le couloir de la mort, avant d’être innocenté. Enfin, Golda, dont le fils unique est condamné à mort, klaxonne à tout va chaque fois qu’elle passe en voiture près de la prison où il est incarcéré, pour exprimer son opposition à un système contre lequel elle ne peut rien.
La critique
Par Tootpadu 31/10/2011
Ce documentaire français aborde ce sujet épineux et hélas toujours d’actualité d’une façon plutôt détournée. La caméra ne rentre guère dans les chambres à gaz et autres vitrines pour exposer la mort par injection d’un criminel. Elle ne poursuit pas non plus l’objectif trivial d’accuser par le biais d’une dénonciation facile, et en fin de compte aussi populiste que le maintien de la peine de mort pour des raisons à peine recevables. La démarche des réalisateurs Arnaud Gaillard et Florent Vassault s’inscrit davantage dans l’exploration de l’impact de cette abomination juridique sur ceux et celles qui ont dû s’y confronter de près ou de loin. Les trois cas étudiés d’une manière malheureusement assez succincte dans Honk donnent un aperçu plutôt touchant des répercussions considérables que chaque condamnation à mort déclenche.
La courte durée du documentaire ne permet cependant pas de rentrer suffisamment dans les détails de chaque cas de figure. Que ce soit la famille qui part avant l’aube afin d’assister à l’exécution de celui qui a détruit la vie du père, l’ancien détenu qui a pu échapper au couloir de la mort au bout d’une vie passée derrière les barreaux, ou bien la mère qui cherche à réduire la distance cruelle qui la sépare de son fils incarcéré en klaxonnant, la structure narrative permet au mieux d’atteindre une sorte de constat impuissant face à l’absurdité de toute cette machination inhumaine d’un appareil judiciaire au fonctionnement implacable. Contrairement à ces questions de fond traitées un peu trop hâtivement, le côté visuel est étonnamment recherché. Alors que cette préciosité plastique tend parfois à devenir gratuite, comme par exemple lors du plan de l’aveu de Golda filmée de profil sur fond de coucher de soleil sur la mer, elle arrive néanmoins la plupart du temps à dresser le portrait saisissant, voire beau, d’un pays qui est loin d’être un modèle en matière de droits de l’homme.
Vu le 26 octobre 2011, au Club de l'Etoile, en VO