Pépinière du désert (La)
Réalisé par Laurent Chevallier (2011)
| Durée | 88 minutes |
| Sortie | 19/01/2011 |
| Note | 6/10 |
Mostafa Gaga vit depuis des années dans le désert du Mengoub, au sud-est du Maroc. Il y a réalisé un rêve fou : cultiver une parcelle dérobée à la gigantesque étendue sableuse, où il fait pousser des arbres et où il organise la vie de la petite communauté du village. Alors qu’il ne pouvait compter au début que sur sa propre ingéniosité et sa détermination, Mostafa Gaga est désormais soutenu par Mostafa Affi, un immigré marocain d’Evry de quinze ans son aîné, qui a fondé dans sa cité une association en faveur du projet insensé de son ami visionnaire.
La critique
Par Tootpadu 08/01/2011
Les plans majestueux du désert qui encercle impitoyablement la bourgade et la bonne humeur indéfectible du jeune paysan marocain ne font point oublier à quel point ce dernier a choisi une existence rude et exigeante. Le succès lui sourit jusqu’à présent, certes, mais par son indépendance et son esprit altruiste – en contradiction totale avec l’individualisme et l’égoïsme de rigueur ces temps-ci –, il risque bien de tout perdre, le jour où la nature dans toute sa cruauté aura décidé de reprendre ce qui lui appartient. D’ici là, sa philosophie de vie, à la fois humble et volontariste, devrait servir d’exemple à tous ces immigrés potentiels, qui pensent que leur pays d’origine n’a aucune opportunité à leur offrir ! Et pour nous, qui observons de loin et avec admiration la frugalité de la vie dans cette oasis du désert du Mengoub, l’action de cet homme de foi exceptionnel ajoutera une autre facette précieuse à notre perception occidentale de l’islam et du Maghreb.
Comme ce fut déjà le cas pour Expérience africaine, le côté formel de la mise en scène de Laurent Chevallier n’est pas tout à fait à la hauteur de ses intentions louables. La noblesse sans affect de son sujet se traduit ainsi plus par le naturel des intervenants, qui peuvent même éprouver une certaine gêne à parler en public, que par un langage filmique, apte à l’exprimer en des termes cinématographiques saisissants.
Vu le 6 janvier 2011, à la Salle Pathé Lincoln, en VO