Poupoupidou
Réalisé par Gérald Hustache-Mathieu (2011)
| Durée | 103 minutes |
| Sortie | 12/01/2011 |
| Note | 6/10 |
L’auteur à succès David Rousseau se rend à Mouthe, la ville la plus froide de France, après le décès de son oncle, qui ne lui a légué que son chien empaillé. Déjà sur le chemin du retour, Rousseau passe à côté de l’ambulance venue emporter le cadavre de Candice Lecœur, une vedette locale retrouvée morte dans la zone inter-frontalière avec la Suisse. Alors que la police classe l’affaire sans suite, Rousseau s’y intéresse de près afin d’en faire le sujet de son prochain roman. Avec l’assistance officieuse du brigadier Bruno Leloup, Rousseau enquête sur le pourquoi et le comment de la disparition mystérieuse de la Marilyn Monroe de la Franche-Comté.
La critique
Par Tootpadu 02/01/2011
Jean-Paul Rouve a beau y tenir un rôle plus sarcastique et sombre que ses personnages habituellement légers et comiques, son écrivain en panne d’inspiration fait néanmoins tache dans le microcosme particulier du village de son enfance. A l’image du vétéran interprété par Spencer Tracy dans Un homme est passé de John Sturges, il fait comme par hasard irruption dans une communauté qui s’est arrangée avec ses méfaits contre l’un de ses membres, lui-même un élément perturbateur de l’ordre établi et prétendument immuable. La présence de Rousseau dans le coin le moins hospitalier de l’hexagone s’explique par une sorte d’appel au secours d’outre-tombe, qui ajoute par ailleurs une touche joliment fantastique à l’intrigue. Si l’écrivain s’acharne contre toute raison pour creuser jusqu’au fond de l’énigme du suicide présumé de Candice, ce n’est pas nécessairement pour traduire en justice les coupables, mais pour pouvoir rédiger une épitaphe à l’hommage de cette femme faussement mythique qu’il a rencontrée trop tard. L’issue de l’enquête risque par conséquent de laisser sur leur faim les spectateurs en quête de réponses toutes faites. Elle est cependant entièrement raisonnable dans le cadre d’un film qui privilégie la légende à la vérité.
La réalisation se complaît en effet longuement à laisser planer le doute, quitte à nous devoir jusqu’au bout une explication quant aux motivations et une précision sur l’orientation sexuelle du brigadier, voire à négliger un peu trop le détail de l’oreille fine du protagoniste. Dans l’ensemble, il s’agit toutefois d’un film de genre à la fois solide et iconoclaste, qui confirme la bonne impression que Gérald Hustache-Mathieu nous avait laissé après son premier film !
Vu le 21 décembre 2010, au Club de l'Etoile