Holiday

Réalisé par Guillaume Nicloux (2010)

Comédie de vacances
Holiday
Durée 89 minutes
Sortie 08/12/2010
Note 6/10

Le dentiste Michel Trémois avait voulu profiter d’un week-end hors saison pour recoller les morceaux de son mariage, lors d’un séjour au château Mercuès. Mais au lieu de raviver la flamme érotique de sa femme Nadine, frigide depuis deux ans, il croise toutes sortes de personnes bizarres dans les couloirs et les chambres de cet hôtel reculé. Pire encore, au bout d’une nuit agitée, Michel est accusé du meurtre d’Eva Lopez, chanteuse et propriétaire des lieux.

La critique

Par Tootpadu 08/12/2010

Cette comédie soi-disant « polisexe » prouve parfaitement la véracité du vieux dicton, selon lequel de bonnes bandes-annonces donnent souvent de mauvais films, et inversement. La campagne de promotion en amont de la sortie de cette production, plutôt inhabituelle pour un distributeur comme MK2, la laissait en effet apparaître comme une comédie ringarde, peuplée de comédiens populaires qui se prélassent dans un cadre digne du jeu Cluedo, tout en proférant des répliques faussement vulgaires. Sans être un chef-d’œuvre du genre, le septième film de Guillaume Nicloux représente une incursion pas sans attrait dans le domaine de la comédie de la part d’un réalisateur, qui nous avait plutôt habitués aux policiers sombres, voire désespérants, au fil de ses derniers films.
L’humour à l’œuvre dans Holiday n’a par conséquent rien de gay ou d’insouciant. Il se nourrit avant tout du désarroi du protagoniste. Cet homme coincé tombe involontairement victime d’un mauvais concours de circonstances, diamétralement opposé dans son esprit sexuellement expansif à l’effort de reconstruction du nid conjugal que Michel avait envisagé pour ce week-end en tête-à-tête avec sa femme. Au lieu de redevenir le maître de la situation, il perd de plus en plus pied dans le délire échangiste et meurtrier qui anime l’activité nocturne au château. Le désespoir de cet homme, incapable d’adapter sa vision étriquée de la sexualité à l’évolution galopante des mœurs dans le contexte de ces vacances débridées, est encore accentué par la structure scénaristique du film, qui commence par sa fuite à la pharmacie du village, avant de s’engager dans un long retour en arrière.
Or, même avec le rôle de pauvre pantin qui lui colle à la peau dès le départ, le personnage principal ne réussit guère à susciter des émois. Ce sont plutôt ses adversaires qui apportent un peu de piment à l’intrigue. Avançant la plupart du temps à l’ombre, ils forment une galerie d’antagonistes haute en couleur, avec notamment les portraits aussi savoureux qu’improbables de Françoise Lebrun en femme de chambre illuminée et Pascal Bongard en résidant mystérieux à la dentition pourrie, de laquelle s’échappe avec un peu trop d’insistance un bruit de mouches. Ces personnages périphériques rendent l’intrigue - sinon gentillette et un brin décousue – à la fois divertissante et assez décalée pour ne pas en faire une enquête policière de plus. Grâce au ton irrévérencieux de son film, Guillaume Nicloux a su échapper au piège de l’adaptation naphtaline des romans dans le sillon d’Agatha Christie, contrairement à son confrère Pascal Thomas, désormais abonné à ces polars vétustes.

Vu le 2 décembre 2010, au Club de l'Etoile

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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