Encore un baiser

Réalisé par Gabriele Muccino (2010)

Drame
Encore un baiser
Durée 144 minutes
Sortie 29/12/2010
Note 4/10

A l’approche de la quarantaine, un groupe d’amis de Rome n’a pas fini de payer pour ses erreurs de jeunesse. Alors qu’Adriano revient d’une absence de dix ans, qu’il a partiellement passé en prison et pendant laquelle il n’a pas vu grandir son fils, l’équilibre mental de Paolo ne dépend que des médicaments et de sa relation tumultueuse avec Livia, l’ex d’Adriano. Marco craint que sa femme le trompe parce qu’ils ne peuvent pas avoir d’enfants, et Carlo n’est pas sûr que le divorce imminent de Giulia lui permette réellement de tourner la page et d’oublier celle qu’il considère toujours comme la femme de sa vie. Enfin, Alberto rêve toujours de partir au Brésil pour laisser définitivement ses misères derrière lui.

La critique

Par Tootpadu 18/11/2010

Après la parenthèse américaine et ses deux films avec Will Smith, qui avaient l’avantage de se raconter pratiquement tout seuls tant leur sujet était porteur, le réalisateur italien Gabriele Muccino revient à sa terre natale pour cette suite à Juste un baiser. Ce retour aux sources a tout d’un état des lieux sur cette fameuse génération des trentenaires vains, qui n’ont toujours pas gagné en maturité en vieillissant et qui risquent donc de nous ennuyer avec leurs petits problèmes de la vie courante à chaque nouvelle étape de leur existence sans intérêt particulier. Dix ans plus tard, ces personnages typiquement italiens, qui avaient su passablement nous divertir à l’époque, sont devenus des hommes et des femmes aigris, obligés d’admettre qu’on ne se refait plus à quarante ans, mais qu’on répète dans le meilleur des cas des schémas comportementaux figés depuis la fin de l’adolescence.
Les égoïstes, les hypochondriaques, les névrosés et d’autres chasseurs attardés de chimères, qui pullulent dans Encore un baiser, ils auraient facilement trouvé leur place dans Les Petits mouchoirs, le pendant français du film dans le domaine des mélodrames interminables qui tendent en vain à prendre en otage le spectateur par les sentiments. Comme dans le film de Guillaume Canet, Gabriele Muccino arrive tant bien que mal à nous amadouer par l’usure. Le fait de rester si longtemps coincé avec ces personnages a priori antipathiques dans leur crise aiguë de la quarantaine finit – dans l’un comme dans l’autre – par nous les rendre à peu près supportables. Toutefois, en raison d’une dynamique dramatique différente, cette familiarité au trait forcé traverse ici le crescendo larmoyant final d’une manière moins souveraine que lors de l’enterrement cathartique dans le film français.
La narration peine en effet considérablement à conférer un semblant d’unité, de pertinence, et de souffle épique à la succession fatigante de tranches de vie sur laquelle elle repose exclusivement. En passant sans cesse du coq à l’âne et en mélangeant sans nécessité apparente les nombreux fils de l’intrigue, Gabriele Muccino brode sans conviction un tapis de pièces disparates, sans motif fédérateur. Prises chacune séparément, les histoires de ces amis d’antan, qui évoluent désormais individuellement, auraient pu fournir un fondement raisonnable à des drames romantiques, susceptibles de pérenniser le mythe du macho transalpin. Leur mélange approximatif, aux effets de montage voyants, les dégrade hélas au niveau d’un récit choral ennuyeusement conventionnel. En toute logique, il ne peut en résulter que des vérités banales, qui sont proférées avec un aplomb éprouvant pendant le dénouement trop consensuel pour justifier la pléthore de coups de gueule et de coups de cœur qui l’ont précédé.

Vu le 17 novembre 2010, à la Salle Pathé Lamennais, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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