Outrage
Réalisé par Takeshi Kitano (2010)
| Durée | 109 minutes |
| Sortie | 24/11/2010 |
| Note | 6/10 |
Le parrain de la pègre de Tokyo voit d’un mauvais œil l’alliance que le chef de gang Ikemoto a scellé avec son confrère Murase, impliqué dans des trafics de drogues, pendant qu’ils purgeaient ensemble une peine de prison. Afin de se soustraire au pacte sans brusquer son ami, Ikemoto charge son subordonné Otomo d’ouvrir un bureau dans le secteur de celui-ci. Cette intrusion sournoise soulève l’indignation de Murase, et cela d’autant plus que ses hommes font payer par erreur un des acolytes d’Otomo pour une soirée passée dans un de ses bars. La guerre des gangs éclate alors au grand jour et chacun des yakuzas cherche à grimper dans l’hiérarchie du crime organisé.
La critique
Par Tootpadu 18/11/2010
La dimension impitoyablement politique de l’univers des gangsters japonais prend ainsi une place centrale au sein du récit. Chacun des personnages, aussi secondaire soit-il en apparence, cultive son propre plan pour accéder tôt ou tard au pouvoir. Bien entendu, la nature barbare du processus d’élimination – qui garantit par ailleurs quelques séquences délicieusement éprouvantes, souvent en rapport avec des amputations de doigts, d’une langue, et de quelques dents – fait que ceux auxquels on se serait identifié normalement ne tiennent pas toujours la distance. La valse habile des stratagèmes dans un milieu qui n’a de sophistiqué que l’apparence, ou plus précisément l’hégémonie des chefs qui tiennent une cour quasiment royale, elle se solde par une intrigue aux multiples revirements, pendant laquelle le spectateur ne peut compter que sur la certitude que chaque réunion risque de se terminer par un bain de sang.
Parfaitement maîtrisé au début et à la fin, le récit montre malheureusement quelques signes d’essoufflement au fil de sa partie centrale, autour du casino dans l’ambassade africaine. Alors que le mécanisme de l’affrontement fourbe entre parrains était sur le point d’être lancé, après avoir été soigneusement assemblé et huilé auparavant, cet écart vers le volet plus commercial du crime organisé produit un effet d’éparpillement presque préjudiciable pour le reste du film. Heureusement que les gangsters sans scrupules ne mettent pas longtemps avant de reprendre leur marche forcenée vers une fin inévitablement fatidique.
Vu le 15 novembre 2010, au Metro, en VO