Piranha 3D
Réalisé par Alexandre Aja (2010)
| Durée | 89 minutes |
| Sortie | 01/09/2010 |
| Note | 6/10 |
Lors des vacances de Pâques, les étudiants affluent dans la petite ville de Lake Victoria pour y fêter librement au bord du lac. Pour le jeune Jake Forester, cette invasion de filles légèrement vêtues et de garçons passablement intoxiqués rime une fois de plus avec la corvée de baby-sitter pour son frère et sa sœur, puisque leur mère, la shérif Julie Forester, est habituellement débordée pendant ce week-end d’infractions plus ou moins graves. La veille des festivités, un séisme souterrain a ouvert une immense faille sous le lac, de laquelle une horde de piranhas préhistoriques et sanguinaires est sortie, à l’insu des autochtones. Alors que Julie accompagne des chercheurs en géologie sur les lieux de l’incident et que Jake sèche ses devoirs fraternels pour servir de guide à l’équipe de tournage d’un film porno, les petites bêtes féroces se dirigent par milliers vers la plage.
La critique
Par Tootpadu 05/10/2010
Heureusement que le réalisateur français Alexandre Aja s’est souvenu des origines du mouvement et de son attachement à la culture Grindhouse et ses bas instincts jouissifs, convenablement aseptisés pour les films de danse et autres aventures pour enfants en vogue actuellement. Son remake officieux du film de Joe Dante s’apparente à une orgie sans bornes de seins, de sang, et de cette fameuse bite, qui est trop énorme même pour la gueule du piranha le plus féroce. Une fois que le massacre a commencé, il ne se passe en effet plus une minute, sans que des nichons énormes ne se tendent vers nous ou qu’un personnage secondaire ne soit éviscéré selon les règles de l’art des effets de maquillage les plus dégoûtants possibles. Le refus de retenue dans la mise en scène de cette boucherie interminable permet de donner un vague aperçu de l’horreur qui s’empare des victimes potentielles, tout en barrant la route à une conclusion rassurante, pour laquelle le temps manque à la fin. Le récit de cette journée ensanglantée ne transmet par conséquent aucune mise en garde sérieuse d’un point de vue social ou écologique, autre que l’ignorance des jeunes face aux avertissements des adultes, qu’ils devront tous payer chèrement.
Piranha 3D est donc un spectacle outrancier, dont seul le ton grandiloquent a dû le préserver d’une interdiction aux moins de seize ans. L’aspect humain de l’histoire se résume à la panique de voir à peu près tout le monde bestialement éventré par ces poissons méchamment carnassiers, sans qu’un attachement durable ne s’opère auprès d’un personnage en particulier. La qualité et le défaut du film résident précisément dans ce même point d’une mort atroce, subie sans préavis et d’une façon fort arbitraire, qui ne fait appel qu’à notre instinct de survie élémentaire, alors que les films d’horreur et de catastrophe les plus adroits arrivent malgré tout à établir une compassion moins superficielle à l’égard des personnages propulsés dans pareille mésaventure.
Vu le 30 septembre 2010, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 11, en VO