Silent Hill Révélation
Réalisé par Michael J. Bassett (2012)
| Durée | 94 minutes |
| Sortie | 28/11/2012 |
| Note | 1/10 |
En proie depuis son enfance à de terribles cauchemars, la jeune Heather Mason va découvrir, suite au décès de son père, la vérité sur son identité. Une quête qui va l’amener sur les territoires démoniaques de Silent Hill.
La critique
Par Mulder 12/12/2012
Les suites de films dans le domaine des films d’horreur sont nombreuses, comme par exemple la saga Hellraiser, Freddy Krueger et autres Evil dead, mais elles ont certes pour vocation de maximiser les profits sur des licences juteuses mais pas uniquement. Elles répondent à un besoin d’apporter de nouvelles briques à la construction d’un mythe. Certes commerciaux ces films ont permis à de jeunes réalisateurs de se faire connaître et apprécier par un plus large public. Mais ces films reposaient sur un premier opus des plus réussis. L’utilisation du monde horrible des rêves tel que dans le film Les Griffes de la nuit était suffisamment complexe pour pouvoir donner naissance à des suites (l’opus 3, Les Griffes du cauchemar est une vraie réussite). Dans le cas de Silent Hill, le premier opus était guère une réussite incontournable du genre et une suite ne s’imposait réellement pas. Or, les adaptations de jeux vidéos cultes semblent être une source inépuisable pour le cinéma de genre au vu des calamiteux Resident Evil.
"Silent Hill" est avant tout une série de jeux vidéo éditée par Konami qui a débuté en 1999 avec "Silent Hill" sur PlayStation 1. Les quatre premiers volets de la série ont été développés ensuite par Konami CE Tokyo. "Silent Hill Ørigins" et "Silent Hill Shattered memories" ont été développés ensuite par Climax. Ce sont les équipes de Double Helix Games qui ont travaillé ensuite sur le développement de "Silent Hill Homecoming". Le dernier volet, "Silent Hill Downpour", est développé par le studio Vatra. Le matériel pour réussir un bon film était pourtant assez vaste pour éviter de nous livrer une telle médiocrité dans nos salles. En effet, ce n’est pas le film qui est d’horreur est l’horreur qui est de voir un tel film projeté sur nos écrans. Scénario lamentable, direction des acteurs exécrable, aucun climax, effets 3D aussi mauvais que ceux de Resident Evil. Voir de bons acteurs comme Sean Bean se morfondre dans de telles productions alors qu’ils avaient été parfaits dans des films réalisés par de brillants réalisateurs (dans son cas Goldeneye et Le Seigneur des anneaux) est vraiment attristant. Le purgatoire semble donc ne pas être la ville de Silent Hill, mais ce genre de cinéma qui prend non seulement les gamers pour des imbéciles, mais aussi qui montre que des réalisateurs pourtant intéressants comme Michael J. Bassett peuvent produire de tels films vidés d’âme et de talent.
Silent Hill Révélation, par sa forme, ressemble plus à un direct vidéo qui a eu le droit de passer par la case cinéma que comme une vraie suite faite pour le grand écran. Dommage d’autant plus grand car il y aurait eu un potentiel pour en faire une vraie suite dépassant l’original. Certes en passant d’un budget plutôt élevé pour un film français de 50 millions à un budget plus de deux fois inférieur, le résultat ne pouvait guère être meilleur et surtout on sent que le réalisateur a dû répondre en qualité de yes man aux demandes multiples de son studio. Reste qu’il est décevant de voir un tel réalisateur s’enfoncer non pas dans le brouillard épais de Silent Hill mais dans les entrailles d’un film aussi peu reluisant.
Maintenant, il faut espérer qu’un troisième film ne verra pas la suite vu la qualité de ce second opus dispensable et tout juste regardable en termes de direct video un samedi soir d’hiver avec rien d’autres de plus attractif à faire.
Vu le 25 novembre 2012, au Paramount Opéra, Salle 1, en VO