Assassin sans visage (L')

Réalisé par Richard Fleischer (1953)

Policier
Assassin sans visage (L')
Durée 60 minutes
Sortie 16/10/1953
Note 5/10

Un tueur en série mystérieux tient la police en haleine depuis des mois. Il se fait appeler le Juge. Il laisse de nombreux indices sur le lieu de ses crimes. Et pourtant, les forces de l’ordre ne disposent pas de la moindre piste sérieuse au bout de six meurtres, tous commis par strangulation. Le lieutenant Harry Grant est chargé de l’enquête depuis peu. Un expert en méthodes d’investigation peu orthodoxes, il fait fabriquer un mannequin sans visage à partir des éléments dont la police dispose à l’égard du Juge. Son travail est cependant perturbé par la journaliste insistante Ann Gorman, qui cherche par tous les moyens à obtenir pour son magazine le scoop dans cette affaire énigmatique.

La critique

Par Tootpadu 31/10/2010

A l’état embryonnaire, les éléments qui allaient faire plus tard de Richard Fleischer un réalisateur rarement visionnaire, mais fiable la plupart du temps, sont déjà présents dans cette série B honnête du tout début de sa carrière. La tension est en effet palpable dès les premiers plans et les tentatives de la journaliste collante de décrocher une exclusivité. Alors que les différentes étapes de l’enquête sont traitées par la suite d’une manière succincte, voire expéditive, cette intensité narrative n’est pratiquement jamais relâchée pendant la courte durée du film.
Le ton direct avec lequel le réalisateur aborde l’histoire somme toute banale de L’Assassin sans visage, co-écrite d’ailleurs par Anthony Mann, dont on reconnaît ici la patte pragmatique et soucieuse de réalisme, déjà à l’œuvre à la même époque dans La Brigade du suicide, ne se prête à aucune fioriture superflue. Chaque pièce du puzzle s’agence alors sans état d’âme, mais sans temps mort non plus. Seules quelques idées assez ingénieuses, comme l’assassin qui se substitue comme par miracle au mannequin assis près de la fenêtre ou la course poursuite finale à travers l’usine abandonnée, apportent un minimum d’originalité au film. Hélas, ce n’est pas suffisant pour dynamiser durablement le récit, et cela d’autant moins que ces rares sursauts d’ingéniosité se voient invariablement atténués par un retour presque ennuyeux aux règles établies du genre.
Car en dépit de la renommée future de son réalisateur, ce film manque d’envergure et d’une ambition qui dépasserait le simple divertissement, produit à la chaîne par les studios, en l’occurrence la RKO, avant l’arrivée de la télévision. C’est en fait sur le petit écran que l’on a de nos jours l’habitude de retrouver ce genre de production, solide mais dépourvue de caractéristiques notables, qui la mettraient à part.

Vu le 29 octobre 2010, au Grand Action, Salle Henri Langlois, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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