Fête des voisins (La)

Réalisé par David Haddad (2010)

Comédie
Fête des voisins (La)
Durée 85 minutes
Sortie 26/05/2010
Note 3/10

Le jour de la Fête des voisins à la fin du mois de mai, le gardien Pierrot, qui célèbre également son anniversaire, organise un pot convivial dans la cour de son immeuble. Monsieur le maire arrive le premier, avant que les autres habitants ne descendent, parfois bien malgré eux, pour festoyer. Il y a Rosalie, une jeune femme suicidaire, le vieux Armand Castéla, que tout le monde prend pour un réactionnaire aigri, Madame Saadi, qui compte sur l'agrandissement de son appartement, et le non-voyant Jean-Baptiste. Personne n'a vraiment le coeur à faire la fête, d'autant moins que l'on vient de découvrir le cadavre en décomposition de Mme Veuve, la doyenne de l'immeuble. Mais au fur et à mesure que la fête progresse, des révélations plus ou moins savoureuses créeront une solidarité insoupçonnée entre les voisins.

La critique

Par Tootpadu 28/04/2010

L'initiative de la Fête des voisins, désormais vieille de dix ans, est d'autant plus louable qu'elle apporte sa petite pierre à l'édifice contre l'indifférence et l'anonymat qui caractérisent la vie dans les immeubles de nos cités. Hélas, cette bonne humeur civique ne se retrouve pas du tout dans le premier film de David Haddad, sans doute bien intentionné mais laborieux au possible. Le pire aspect du film, encore plus asphyxiant que les jeux de mots et autres vannes qui tombent invariablement à plat, c'est le ton exclamatif sur lequel s'expriment tous les comédiens, sans exception. Le dispositif à peu près théâtral sur lequel le film s'appuie, avec ses trois actes qui correspondent aux trois fêtes consécutives, une par an, devient alors carrément caricatural, sans que cette emphase verbeuse n'enrichisse l'histoire de quelque manière que ce soit.
En fait, même si nous étions prêts à pardonner au réalisateur débutant les maladresses qui peuvent accompagner parfois le premier passage derrière la caméra, il resterait toujours un fond très bizarre, plutôt glauque, qui ne nous donne guère envie de descendre dans la cour pour faire plus ample connaissance avec nos voisins quelques jours après la sortie du film. Cela commence avec les multiples tentatives de suicide du personnage principal féminin, dont les autres convives se moquent assez cruellement. Et cela continue de plus belle avec toutes sortes d'insinuations malsaines, qui sont sans doute censées critiquer les dessous pourris de la société française, mais qui paraissent au mieux ringardes, au pire tendancieuses. On a effectivement déjà vu plus subtil et intelligent comme film de propagande anodin pour un événement dans l'intérêt de la collectivité.
Les choix du découpage narratif opérés par David Haddad ne sont point plus concluants. Alors que nous étions soulagés de quitter la première fête morbide au bout d'une demi-heure, qui nous paraissait bien plus longue, le récit est fait en sorte que nous devons repasser à plusieurs reprises par la case départ. En même temps, ce qui suit n'est nullement plus édifiant, avec une apologie molle du crime et une conclusion qui reprend sans verve les éléments du début pour les rendre encore un peu plus consternants.
Il n'y a donc qu'une chose digne d'être retenue dans le contexte de ce premier film hautement décevant : que son réalisateur s'était essayé, il y a quatre ans, à la prémisse scénaristique tout à fait fascinante d'un monde où l'homosexualité serait la norme, à travers son court-métrage Un autre monde. Mais vu comment David Haddad joue ici son personnage d'un bon bougre sans volonté propre, nous ne nous attendons pas à des miracles pour cette histoire a priori plus corsée que cette comédie triste et affligeante.

Vu le 27 avril 2010, au Club Marbeuf

★★★☆☆☆☆☆☆☆ 3/10

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