J'ai oublié de te dire ...

Réalisé par Laurent Vinas-Raymond (2010)

Drame
J'ai oublié de te dire ...
Durée 106 minutes
Sortie 28/04/2010
Note 5/10

Après avoir purgé une peine de prison pour un cambriolage qu'elle n'a pas commis, Marie s'installe dans le sud et y gagne sa vie en cueillant des fruits pendant la saison des récoltes. Son chemin croise celui de Jaume, un vieux monsieur, ancien champion cycliste, reconverti dans la peinture. Marie insiste pour qu'il lui donne des cours. Jaume n'accepte qu'à cause de l'entêtement de la jeune femme et du talent qu'il sent caché en elle. Une amitié profonde naît entre ces deux individus que tout oppose, sauf leur passion pour l'art. Les pertes de mémoire de plus en plus prononcées de Jaume mettent cependant leur relation à rude épreuve.

La critique

Par Tootpadu 20/04/2010

Dans le beau Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de François Dupeyron, Omar Sharif avait déjà interprété son grand rôle de vieillesse, avec tout ce que cela implique en termes de consécration tardive de la part de ses confrères, sous forme d'un César du Meilleur acteur. Mais pourquoi ne pas retenter le coup, cette fois-ci dans le registre de la maladie d'Alzheimer, qui a porté chance, il y a peu de temps, à Julie Christie, sa partenaire dans le légendaire Docteur Jivago de David Lean ? On pardonnera d'autant plus aisément l'opportunisme du choix de cet acteur charismatique, puisque les rôles importants pour les comédiens de son âge ne sont ni nombreux, ni particulièrement diversifiés. Au demeurant, Omar Sharif s'acquitte même très convenablement de sa tâche, de donner vie à ce vieillard qui aimerait disparaître dignement.
L'inconvénient principal de ce premier film honnête se trouve plutôt du côté de son rythme narratif bancal, qui consiste essentiellement à enchaîner des séquences tronquées, dans l'impossibilité de réaliser leur potentiel dramatique avant que la narration ne passe à autre chose. La frustration qui résulte de ce flux superficiel n'est peut-être pas aussi grande que celle que nous inspire le personnage de Julien, l'ancien ami de Marie et un méchant de service hautement pénible. Mais elle nous tient suffisamment à l'écart de la tragédie intime que vivent le vieux maître et son apprentie, pour ne pas nous en sentir plus affectés que par un téléfilm quelconque.
Les décors du sud d'habitude assez peu explorés par le cinéma français, en dehors de l'oeuvre de Robert Guédiguian, et les interprétations somme toute solides ne fournissent par conséquent pas un attrait en mesure de compenser les faiblesses omniprésentes du scénario, nullement atténuées par une mise en scène sans personnalité. Il fallait plus pour nous émouvoir face à cette histoire de senilité, comme nous en avons déjà vu pas mal, et comme on en verra sans doute davantage dans les années à venir, tant cette maladie deviendra un fléau national au fur et à mesure que la pyramide des âges se retourne.

Vu le 15 avril 2010, au Club Marbeuf

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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