Goodbye Bafana
Réalisé par Bille August (2007)
Drame
| Durée | 118 minutes |
| Sortie | 11/04/2007 |
| Note | 5/10 |
En 1968, la politique de ségrégation raciale de l'apartheid est à son comble en Afrique du Sud. C'est en cette période de tension nationale, que le gardien de prison James Gregory est muté à Robben Island, où Nelson Mandela et ses camarades sont incarcérés pour terrorisme. Responsable de la censure du courrier des prisonniers, grâce à ses connaissances en langue xhosa, Gregory manifeste progressivement une certaine sympathie pour le combat de Mandela.
La critique
Par Tootpadu 10/05/2007
L'Apartheid était une politique de ségrégation raciale bien trop révoltante, pour être laissé aux seuls soins d'une production à fort caractère hollywoodien. C'est pourtant ce qui se passe, après le film emblématique en la matière des années 1980 (Cry Freedom), avec cette co-production clairement bien intentionnée, qui se fait néanmoins trop facilement embobiner par son point de vue de blanc. Le récit tout entier se déroule en effet à partir de l'évolution professionnelle du gardien de prison, ou plus précisément du censeur, qui devient en quelque sorte la personne de confiance du détenu vedette Nelson Mandela.
De ce lien qui traverse les décennies, on ne voit finalement pas grand-chose, puisque le scénario s'évertue à couvrir en priorité les moments cruciaux de la vie personnelle de Gregory. La structure narrative, ennuyeusement conforme aux règles établies du genre, tente ainsi vainement d'acquérir une sorte de souffle épique. Mais il aurait fallu un réalisateur moins fade que Bille August pour conférer une intensité cohérente aux stations dramatiques d'une vie. Certes, le seul retour en arrière, qui donne son titre au film, n'est pas injustifié. Et la mise en scène ne commet pas de faux pas considérable. Mais le propos du film est d'une telle niaiserie, à commencer par le personnage ingrat de l'épouse, que Goodbye Bafana n'accède jamais au statut d'évocation puissante d'une détention auquel il a sans doute dû rêver.
Les apparitions sporadiques de Nelson Mandela, interprété avec beaucoup de dignité par Dennis Haysbert, fonctionnent enfin plus comme un coup d'oeil prétentieux à l'Histoire, que comme la base valeureuse et authentique d'un film qui est ni l'un, ni l'autre.
De ce lien qui traverse les décennies, on ne voit finalement pas grand-chose, puisque le scénario s'évertue à couvrir en priorité les moments cruciaux de la vie personnelle de Gregory. La structure narrative, ennuyeusement conforme aux règles établies du genre, tente ainsi vainement d'acquérir une sorte de souffle épique. Mais il aurait fallu un réalisateur moins fade que Bille August pour conférer une intensité cohérente aux stations dramatiques d'une vie. Certes, le seul retour en arrière, qui donne son titre au film, n'est pas injustifié. Et la mise en scène ne commet pas de faux pas considérable. Mais le propos du film est d'une telle niaiserie, à commencer par le personnage ingrat de l'épouse, que Goodbye Bafana n'accède jamais au statut d'évocation puissante d'une détention auquel il a sans doute dû rêver.
Les apparitions sporadiques de Nelson Mandela, interprété avec beaucoup de dignité par Dennis Haysbert, fonctionnent enfin plus comme un coup d'oeil prétentieux à l'Histoire, que comme la base valeureuse et authentique d'un film qui est ni l'un, ni l'autre.
Vu le 7 mai 2007, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 21, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10