Ensemble c'est trop
Réalisé par Léa Fazer (2010)
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 17/02/2010 |
| Note | 4/10 |
Toute la famille est réunie pour fêter l'anniversaire de la grand-mère Henriette, lorsque Marie-France apprend que Henri, son mari depuis trente-cinq ans, la trompe. Atterrée par cette révélation involontaire, elle s'en va sur le champ et s'installe dans le petit appartement de son fils Sébastien et de sa belle-fille Clémentine. Ce qui ne devrait être au début qu'une solution provisoire, afin de permettre à Marie-France d'avoir un soutien familial autour d'elle en ces temps difficiles, devient vite une charge étouffante pour le jeune couple et ses deux filles. Vu que Henri n'est pas prêt à revenir, puisque sa maîtresse Charlène attend un bébé de lui, Marie-France s'installe dans son chagrin d'amour, sans se rendre compte que sa présence pèse lourdement sur la santé mentale et physique de son fils.
La critique
Par Tootpadu 03/02/2010
Se réjouir du malheur des autres ne fait rire qu'un temps. Mais dans le cas présent, la moquerie est tirée bien trop en longueur pour tenir sur la distance. Le couple vedette de l'intrigue ne quitte jamais le coin défensif dans lequel il est acculé en permanence par la présence envahissante de la mère. Et l'élan libérateur final sonne tout aussi faux que la morale très basique sur le besoin de ne pas faire semblant, mais de dire la vérité dans le cercle familial.
Les interprétations hystériques conviennent parfaitement à ce spectacle assez lamentable. Entre une Nathalie Baye pleurnicharde, un Pierre Arditi toujours aussi cabotin, et une Aïssa Maïga très inégale, qui paraît mal à l'aise dans son rôle de la belle-fille gentillette, les rayons de soleil dramatiques sont à peu près inexistants. Au moins, Ensemble c'est tout fait preuve d'un état d'esprit progressiste, reflété par les couples homos un peu partout et une consommation accrue de drogues. C'est toutefois peu de choses, en comparaison avec l'intrigue vieillotte et une mise en scène très médiocre, qui s'appuie essentiellement sur de nombreux morceaux de musique pour conférer un tout petit peu de rythme à sa narration paresseuse.
Enfin, les films posthumes nous inspirent forcément de la mélancolie. La dernière apparition de Jocelyn Quivrin au cinéma est d'autant plus éprouvante, non pas parce qu'il s'adonne au même genre de cabotinage que ses confrères, mais à cause d'une réplique tristement prémonitoire sur sa propre disparition. Dommage alors que le sort ne lui ait pas réservé un film plus remarquable pour tirer sa révérence avant l'heure.
Vu le 3 février 2010, au Club Marbeuf