Were the world mine
Réalisé par Tom Gustafson (2010)
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 27/01/2010 |
| Note | 5/10 |
Au lycée privé pour garçons Morgan Hill, le jeune gay Timothy ne voit point la vie en rose. Ses camarades de classe ne loupent pas une occasion pour lui rappeler sa différence, et sa mère vit avec un certain embarras l'homosexualité de son fils. Heureusement que Timothy puisse compter sur ses amis Frankie et Max, ainsi que sur la bonne volonté de sa professeur d'art dramatique Miss Tebbit. Celle-ci annonce qu'elle va faire jouer la classe de Timothy dans la pièce de Shakespeare "Songe d'une nuit d'été", en guise de spectacle de fin d'année. Timothy est aux anges, puisque les répétitions le rapprochent de l'homme de ses rêves, Jonathon la vedette de l'équipe de football, qui ne semble pas être complètement insensible à son charme.
La critique
Par Tootpadu 10/12/2009
Ainsi, ce premier film indépendant se nourrit pendant trop longtemps des clichés qui asphyxient depuis des lustres le cinéma gay, tel le béguin pour le garçon le plus convoité et le moins accessible de l'entourage du protagoniste frustré. Le début particulièrement laborieux du film fait passer en revue tout ce qui rend l'existence des jeunes gays isolés et sa représentation cinématographique si pénibles. En plus de colporter l'éternelle rengaine de l'adolescent pédé et malheureux, l'intrigue patauge dans une médiocrité la plus totale, en phase avec l'esthétique digne d'un téléfilm.
Et puis soudainement, le scénario se ressaisit et nous sort une idée, qui pousse Were the world mine sensiblement vers le conte de fées. Rien de mal à cela, puisque cette nouvelle réalité parallèle correspond mieux aux quelques numéros musicaux plutôt plaisants, qu'aux fantasmes kitsch de Timothy qui y ont précédé. Et si subitement tout le monde devenait gay ou lesbien, balayant par la même occasion les valeurs archaïques et les préjugés qui pullulent dans la province américaine ? Le concept relève certes de l'utopie. Mais le ton de plus en plus enlevé du film donne des ailes à cette hypothèse sans gravité sur ce retournement de situation inattendu. Les questions essentielles sur ce qui constitue une identité et un style de vie gays n'y sont jamais vraiment abordées de front. Et la façon dont tout rentre miraculeusement dans l'ordre à la fin n'a plus rien de l'échappée fantastique, mais tout du mensonge hypocrite dans lequel la communauté gaie se complaît épisodiquement pour se rassurer.
Dans l'ensemble, cette comédie musicale à mi-chemin entre High School Musical et Moulin Rouge ! sait toutefois séduire passablement, grâce à l'enthousiasme avec lequel elle s'amuse à conjuguer son seul aspect original. Ce qui est déjà un tout petit peu plus que la paresse dans le fond et dans la forme par laquelle le cinéma gay s'est négativement démarqué ces derniers temps.
Vu le 10 décembre 2009, au Brady, Salle 1, en VO