Esther
Réalisé par Jaume Collet-Serra (2009)
| Durée | 123 minutes |
| Sortie | 30/12/2009 |
| Note | 6/10 |
Après le traumatisme d'avoir perdu leur fille Jessica mort-née, Kate et John décident d'adopter un orphelin à qui ils pourront offrir tout l'amour qu'ils avaient gardé pour leur troisième enfant. Chez la Soeur Abigail, ils font la connaissance d'Esther, une fillette de neuf ans bien élevée et solitaire, avec laquelle ils sympathisent immédiatement. Mais une fois qu'ils ont accueilli Esther dans leur famille, son intégration met à l'épreuve l'équilibre fragile du couple. Des incidents suspects font craindre Kate pour la sécurité de ses deux autres enfants Daniel et Maxine, tandis que John prend la défense d'Esther, qui sait parfaitment le manipuler.
La critique
Par Tootpadu 09/12/2009
Contrairement à tant de films d'horreur schématiques qui l'ont précédé, Esther ne cherche guère à rendre les victimes de la folie meurtrière blancs comme neige. Le frère et la soeur d'Esther sont habités par cette même cruauté, qui est censée les préparer aux règles du jeu plus rudes de la vie adulte. Et les parents de ces petits monstres pensent qu'ils pourront gommer leurs manquements du passé grâce à une dose considérable d'hypocrisie. Le savoir-faire du film consiste ainsi à distiller ces informations à un rythme mesuré, qui garantit une tension permanente et indépendante de la menace d'Esther, qui se fait néanmoins de plus en plus sentir.
Le plus étonnant dans la quête pathologique de cette fillette n'est pas tant l'explication de sa haine, incluse dans un affrontement final à rallonges qui nous rappelle désagréablement cette manie du méchant quasiment immortel tellement en vogue dans les années 1990, pas plus que son sang froid pour mener à bien son plan machiavélique. Ce qui surprend surtout au fil d'un film qui s'acquitte plutôt convenablement de sa longueur, c'est à quel point elle réussit à s'en sortir et à faire porter le chapeau de ses méfaits à sa mère adoptive, de plus en plus psychotique face à l'aveuglement des autres adultes.
Comme pour mieux mettre en doute l'avis défavorable que nous avions à l'égard du réalisateur Jaume Collet-Serra après ses deux premiers films loin d'être mémorables, Esther est un film de genre très solide, qui n'innove rien, mais qui sait détourner juste assez les règles établies pour nous divertir pratiquement sans relâche avec son histoire prenante.
Vu le 9 décembre 2009, à la Salle Warner, en VO