Drôle de grenier
Réalisé par Jiri Barta (2009)
Animation
| Durée | 76 minutes |
| Sortie | 09/12/2009 |
| Note | 6/10 |
Au fin fond du grenier, des jouets désuets mènent une existence paisible. Dans une valise, une poupée s'occupe avec amour de ses compagnons : un preux chevalier, un nounours timide, et une boule de pâte à modeler qui répond au nom de Schubert. Mais leur quiétude est troublée par le maître du monde du Mal, qui désire la poupée et la fait enlever par ses sbires. Ses amis devront alors partir à l'aventure pour la libérer.
La critique
Par Tootpadu 26/11/2009
A partir d'une prémisse semblable, ce film d'animation tchèque ne pourrait pas différer davantage du mastodonte américain Toy story. Bien que dans les deux films des jouets mènent une existence secrète à l'abri des regards des humains, l'opposition du traitement et de la finalité commerciale entre ces deux productions complémentaires est flagrante. Là où le premier coup de génie de Pixar avait révolutionné l'animation assistée par ordinateur, tout en fournissant à Disney un univers exploitable à souhait, le grand retour du maître Jiri Barta, après vingt ans d'inactivité forcée, poursuit des objectifs bien plus modestes, mais nullement moins honorables. Son Drôle de grenier est certes un film, qui s'adresse principalement à un public de jeunes enfants. Mais la magie authentique et l'inventivité formelle qu'il dégage à chaque instant le rendent également tout à fait accessible et appréciable pour les parents, qui souhaitent accompagner leurs bambins au cinéma pour un divertissement nullement formaté.
Le mélange de techniques d'animation hétéroclites nous garde en effet constamment sur le qui-vive, même lorsque l'intrigue a tendance à s'éparpiller quelque peu pendant la dernière partie du film. Les possibilités de l'expression et de l'imagination débordantes du réalisateur paraissent illimitées. Il lui suffit d'un rouleau de sacs poubelles ou de quelques draps qui se déversent d'une armoire pour déchaîner les forces d'une nature fictive sur nos pauvres petits héros. Chaque objet du grenier, aussi insignifiant soit-il en apparence, trouve ainsi sa vocation pour enrichir admirablement l'univers parallèle qui s'anime devant nos yeux enchantés. Et cette euphorie esthétique et narrative nous ravit peut-être plus que tout, par sa capacité de ne jamais paraître comme un assemblage désordonné de pièces disparates. Le patchwork de l'animation selon Jiri Barta pourrait bien être le remède miracle à l'uniformisation regrettable, que le genre connaît depuis l'avènement de l'ère numérique. Avec peu de moyens, il a réussi une petite merveille loufoque, mignonne et hautement divertissante.
Le niveau de la séduction par le charme de ce film remarquable a été si élevé, que nous tairions presque nos réserves à l'égard d'une version française, qui a néanmoins eu la bonne idée de remettre quelques expressions fort démodées, comme scrogneugneu, au goût du jour.
Le mélange de techniques d'animation hétéroclites nous garde en effet constamment sur le qui-vive, même lorsque l'intrigue a tendance à s'éparpiller quelque peu pendant la dernière partie du film. Les possibilités de l'expression et de l'imagination débordantes du réalisateur paraissent illimitées. Il lui suffit d'un rouleau de sacs poubelles ou de quelques draps qui se déversent d'une armoire pour déchaîner les forces d'une nature fictive sur nos pauvres petits héros. Chaque objet du grenier, aussi insignifiant soit-il en apparence, trouve ainsi sa vocation pour enrichir admirablement l'univers parallèle qui s'anime devant nos yeux enchantés. Et cette euphorie esthétique et narrative nous ravit peut-être plus que tout, par sa capacité de ne jamais paraître comme un assemblage désordonné de pièces disparates. Le patchwork de l'animation selon Jiri Barta pourrait bien être le remède miracle à l'uniformisation regrettable, que le genre connaît depuis l'avènement de l'ère numérique. Avec peu de moyens, il a réussi une petite merveille loufoque, mignonne et hautement divertissante.
Le niveau de la séduction par le charme de ce film remarquable a été si élevé, que nous tairions presque nos réserves à l'égard d'une version française, qui a néanmoins eu la bonne idée de remettre quelques expressions fort démodées, comme scrogneugneu, au goût du jour.
Vu le 25 novembre 2009, au Club de l'Etoile, en VF :-(
★★★★★★☆☆☆☆
6/10