Qu'un seul tienne et les autres suivront

Réalisé par Léa Fehner (2009)

Drame
Qu'un seul tienne et les autres suivront
Durée 120 minutes
Sortie 09/12/2009
Note 5/10

Trois destins se croisent un samedi matin au parloir d'une prison. Celui de Zohra, qui retourne en France après que son fils y a été assassiné. Celui de Stéphane, qui tente de fuir une vie misérable en se prêtant à une affaire de substitution. Celui de Laure, qui est tombé amoureuse du jeune Alexandre, une tête brûlée qui milite en faveur des sans-papiers.

La critique

Par Tootpadu 18/11/2009

La jeune réalisatrice Léa Fehner a visé haut pour son premier film : tourner un kaléidoscope social à trois niveaux parallèles, qui fonctionnerait à la fois comme instantané de la France d'aujourd'hui et en tant que portrait intimiste de trois personnages en quête de rédemption. Dans le meilleur des cas, son pari s'est avéré partiellement gagnant. Le poids idéologique qui pèse sur le récit rend ce dernier en effet ennuyeusement alambiqué. Avant que les trois protagonistes ne se retrouvent face à leur prisonnier respectif, qui est censé leur apporter une paix intérieure illusoire, le scénario a déjà emprunté un nombre élevé de chemins tortueux, qui ne feraient pas honte aux contes à bifurcations multiples sur lesquels Guillermo Arriaga a bâti sa réputation.
La lacune principale de Qu'un seul tienne et les autres suivront, c'est que la surcharge dramatique des épisodes étouffe toute bouffée d'air fraîche, pourtant nécessaire pour insuffler un peu d'originalité à l'histoire. Chacun des personnages semble si désemparé face à l'obstacle qu'il doit franchir avant de pouvoir continuer à vivre séreinement, que cette apathie se transmet directement, par voie de répliques trop lourdes de sens, au spectateur. Que la mauviette de Stéphane hésite longuement avant de nous refaire le coup de Commis d'office, que la mère cherche à comprendre malgré tout les circonstances de la mort de son fils homo, et que Laure vive devant nos yeux ses amours d'adolescente problématiques, tout cela ne nous fait ni chaud, ni froid, au fil d'un récit pesant.
La seule surprise agréable, c'est que Léa Fehner s'est reposé presque entièrement sur de nouveaux visages pour nous transmettre ses états d'âme mélancoliques. A l'exception de Vincent Rottiers, qui est loin d'être un vieux routard mais qui a su nous impressionner déjà dans au moins trois films, et de Marc Barbé, les comédiens du film sont peut-être peu connus, mais certainement pas dépourvus de talent. Surtout Reda Kateb nous a bluffés avec sa transformation, courte mais poignante, entre la couille molle qui avance à tâtons pendant tout le film et son double intimidant.

Vu le 17 novembre 2009, à la Salle Pathé Lincoln

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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