Huacho

Réalisé par Alejandro Fernandez Almendras (2009)

Drame
Huacho
Durée 90 minutes
Sortie 09/12/2009
Note 5/10

Un jour dans la vie d'une famille de paysans près de Chilian, au sud du Chili. Pendant que la grand-mère Clemira tente de vendre ses fromages plus chers au bord de la route, à cause de l'augmentation du prix du lait, la mère Alejandra n'arrive pas à rassembler l'argent nécessaire pour le règlement de la facture d'électricité, suite à une coupure de courant. Ses camarades de classe ne laissent pas le fils Manuel jouer sur la console de jeu. Et le grand-père Cornelio travaille dans les champs avant de se rendre comme tous les soirs au bar du village.

La critique

Par Tootpadu 18/11/2009

Une fois que la structure narrative de ce premier film chilien, présenté cette année à Cannes dans le cadre de la Semaine de la critique, devient apparente, il ne s'y passe plus grand-chose d'excitant en termes dramatiques ou formels. Coupé en quatre parties clairement distinctes, le récit suit successivement la journée de chaque membre de la famille des paysans, sans que l'évolution du point de vue n'apporte une révélation ou un sursaut notables. C'est même la banalité du quotidien de ces laissés-pour-compte qui paraît être mise en avant, au détriment d'une éventuelle réaction émotionnelle de la part du spectateur face à l'action.
Si jamais un film a mérité le constat pas forcément valorisant qu'il ne s'y passe rien, c'est bien celui-ci. Tandis que l'observation de la journée de travail sans gloire de la grand-mère a encore de quoi intriguer par son absence de pathos et son ton posé, le retour en arrière qui s'ensuit, pour focaliser l'attention alors sur la même journée de la mère enferme Huacho dans le carcan lénifiant d'une narration entièrement prévisible. Dès lors, nous attendons chaque nouveau départ avec une appréhension croissante, à cause du contenu minimaliste de l'épisode précédent. L'interaction entre les différents membres de la famille est en effet au mieux rudimentaire. Et leurs tracas quotidiens ne s'inscrivent dans une perspective de globalisation subie que si l'on cherche à tout prix un fond idéologique à une histoire, qui n'en requiert pas forcément.
Formellement, le réalisateur Alejandro Fernandez Almendras semble s'être largement inspiré de la caméra qui suit d'une façon impassible les personnages dans Elephant de Gus Van Sant. Sauf que le cheminement dans la Palme d'or de 2003 aboutissait au massacre anticipé et savamment préparé, alors que les pérégrinations des différentes générations ne paraissent répondre à aucune finalité tangible dans le cas présent.

Vu le 16 novembre 2009, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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