Regrets (Les)
Réalisé par Cédric Kahn (2009)
| Durée | 106 minutes |
| Sortie | 02/09/2009 |
| Note | 6/10 |
Lorsqu'il apprend que sa mère est dans le coma, l'architecte Mathieu Lievin descend d'urgence de Paris à sa ville natale dans le sud. Il y aperçoit dans la rue, par hasard, Maya, le grand amour de sa jeunesse, qu'il n'a plus revue depuis quinze ans. Même si tous les deux ont depuis refait leur vie, Mathieu avec sa collègue Lisa et Maya avec Franck, ils se retrouvent à la ferme de Maya. La passion d'antan prend alors le dessus. Mais les deux amoureux peinent à faire de leur liaison autre chose qu'un adultère par intermittence.
La critique
Par Tootpadu 19/08/2009
La relation entre Maya et Mathieu se définit autant par le temps qu'ils passent ensemble, des moments furtifs qu'ils arrachent à leur existence respectable, que par le désir qu'ils éprouvent l'un pour l'autre lorsqu'ils sont séparés. L'éternelle histoire de la romance maudite qui consume les amants, aussi misérables en l'absence qu'en la présence de l'être aimé, vit ainsi une nouvelle jeunesse, qui rattrape par l'intensité des sentiments en jeu ce qu'il lui manque en termes d'originalité. Les vrais moments de bonheur sont en effet rares au cours des retrouvailles inopinées entre les deux personnages principaux. Il y a toujours un doute et une incertitude qui s'immisce, même lors des instants d'une frénésie sexuelle qui borde à la bestialité. Le poids du passé de leur histoire commune pèse sur chaque nouveau départ, d'emblée mis en perspective et en péril par le souvenir de la rupture précédente.
Le réalisateur Cédric Kahn orchestre cette tragédie des coeurs brisés sans fin avec le sérieux et l'intensité qui lui conviennent. L'action désemparée des personnages, dès qu'ils se trouvent face à la violence de leurs sentiments, comme Mathieu, très pragmatique et décidé de résoudre les problèmes (le plan de travail de la cuisine cassé, les boutons de la chemise arrachés) au début et complètement déboussolé à la fin (sa poursuite folle de Maya avant son départ au Chili), s'articule à travers un vocabulaire filmique précis.
Seule la bande originale de Philip Glass, sans doute le compositeur le plus ennuyeusement répétitif même devant James Horner et John Williams, contribue l'unique note clairement discordante et déplaisante, dans un film qui sait autrement s'approprier les poncifs du genre avec assurance.
Vu le 19 août 2009, à la Salle Pathé Lamennais