Sita chante le blues
Réalisé par Nina Paley (2009)
Animation
| Durée | 81 minutes |
| Sortie | 12/08/2009 |
| Note | 6/10 |
De nos jours à San Francisco, Nina est triste de voir son mari Dave partir en Inde, à Trivandrum, pendant six mois pour son travail. Son histoire ressemble à la légende ancienne de Sita, une déesse indienne et épouse dévouée, qui a été répudiée par son mari Rama, un roi et dieu.
La critique
Par Tootpadu 04/08/2009
Il est rafraîchissant de tomber parfois, comme par hasard, sur des films qui défient notre conception encroûtée du cinéma. Rien de mieux que de bousculer un peu nos habitudes de lecture et de réception, même si le chamboulement des conventions tourne finalement un peu en rond. Ce film d'animation très personnel de Nina Paley appartient ainsi à ces oeuvres inclassables, qui nous surprennent agréablement, sans nous fournir pour autant des clefs de déchiffrage adaptées. Le sentiment d'envoûtement suscité par le générique du début se transforme ainsi rapidement en une perte de repères salutaire, qui nous laisse anticiper avec joie chaque nouvelle infraction au code de la convention cinématographique.
Cependant, une fois que la structure du film à trois, voire quatre niveaux (le présent, le passé narré par les trois ombres chinoises, le passé en images, le passé à travers les chansons d'Annette Hanshaw) est établie, il ne se passe plus grand-chose pour pousser encore plus loin l'inventivité et l'originalité du récit. Nous admirons certes le culot de la réalisatrice, de nous confronter à trois minutes entières d'entracte, en plein milieu d'un film plutôt court. Mais le schéma répétitif de l'enchaînement des différents angles sous lesquels l'histoire est contée devient un peu trop vite le seul véritable repère dans un univers de légendes méconnues en occident.
L'humour dérisoire incontestable avec lequel Nina Paley anime et relativise son récit, tout comme l'éclectisme des différents styles d'animation qu'elle emploie, font néanmoins de Sita chante le blues une expérience unique, réservée en priorité aux adultes. Et si en plus, vous affectionnez comme nous les chansons de la fin des années 1920, qui rythment le récit par le biais de la voix langoureuse d'Annette Hanshaw, et qui synthétisent ingénieusement les sentiments de la pauvre épouse malmenée, le plaisir sera presque complet !
Cependant, une fois que la structure du film à trois, voire quatre niveaux (le présent, le passé narré par les trois ombres chinoises, le passé en images, le passé à travers les chansons d'Annette Hanshaw) est établie, il ne se passe plus grand-chose pour pousser encore plus loin l'inventivité et l'originalité du récit. Nous admirons certes le culot de la réalisatrice, de nous confronter à trois minutes entières d'entracte, en plein milieu d'un film plutôt court. Mais le schéma répétitif de l'enchaînement des différents angles sous lesquels l'histoire est contée devient un peu trop vite le seul véritable repère dans un univers de légendes méconnues en occident.
L'humour dérisoire incontestable avec lequel Nina Paley anime et relativise son récit, tout comme l'éclectisme des différents styles d'animation qu'elle emploie, font néanmoins de Sita chante le blues une expérience unique, réservée en priorité aux adultes. Et si en plus, vous affectionnez comme nous les chansons de la fin des années 1920, qui rythment le récit par le biais de la voix langoureuse d'Annette Hanshaw, et qui synthétisent ingénieusement les sentiments de la pauvre épouse malmenée, le plaisir sera presque complet !
Vu le 4 août 2009, au Club Publicis, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10